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Un peu de soleil dans l’eau froide

07 Fév Publié par dans Littérature | Commentaires

Avec L’indulgence du soleil et de l’automne, Patrick Besson signe un recueil de nouvelles noires, drôles et virtuoses.

L’indulgence du soleil et de l’automne, Patrick Besson - FayardVoici Nietzsche à Nice en 1887 en compagnie d’une jeune femme de 28 ans, une traductrice sikh à l’origine de l’étonnant succès en Inde de trois romans d’un écrivain français inconnu, un prof de philo fasciné par Rihanna, une joueuse de tennis russe poursuivie par un milliardaire indien, une tueuse en série qui n’assassine que des hommes prénommés Patrick… Patrick Besson, lui, est bien vivant et laisse courir son imagination au gré de nouvelles mordantes, drôles, noires. On voyage également beaucoup dans L’indulgence du soleil et de l’automne (expression tirée d’une lettre de Nietzsche à son ami Paul Deussen) : de Londres (qui «a l’air de sortir de chez le coiffeur et la manucure») à Cancún, en passant par Paris, Mumbai ou Bangkok. N’oublions pas Berlin, en mars 1942, en compagnie de Viviane Romance, Danielle Darrieux et Suzy Delair invitées par Goebbels.

L’écrivain s’amuse, dessine des personnages à la pointe sèche («Jean-Paul est agrégé de philosophie et membre du Parti communiste français. Jeune, il était le sosie de Mel Gibson jeune ; vieux, il est celui de Mel Gibson vieux.»), s’affranchit des bonnes manières. Les morts s’accumulent, mais des enfants naissent aussi. On se réincarne, à moins qu’il ne s’agisse de l’éternité et de la communion des saints. Drôles de saints tout de même chez Besson dont les créatures changent d’identité avec une virtuosité d’artiste. La même que l’auteur de Dara glisse dans ce recueil, parfaite lecture pour passer l’hiver.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante
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L’indulgence du soleil et de l’automne, Fayard, 110 p.

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