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L’odyssée d’une collection

26 Jan Publié par dans Cinéma | Commentaires

Présentée à la médiathèque José Cabanis à Toulouse, l’exposition «Du cinéma autrement, 50 ans de Cinémathèque de Toulouse» retrace l’histoire de la Cinémathèque de Toulouse.

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Installée sur tous les étages de la médiathèque José Cabanis, une exposition retrace l’histoire de la Cinémathèque de Toulouse, permettant de prendre ainsi la mesure de la spécificité de cette collection. La Cinémathèque de Toulouse est née des énergies de quelques cinéphiles rassemblés autour de Raymond Borde (photo). Fonctionnaire du ministère des finances, ce passionné de cinéma écrivait des critiques pour la revue Les Temps Modernes, de Jean-Paul Sartre, et pour Positif. Dès 1958, sont organisées des projections régulières dans un local du Centre régional de Documentation pédagogique (CRDP), rue Roquelaine. Au début, les copies proviennent de la Cinémathèque française, à Paris, ou ont été retrouvées par Borde et son équipe. La Cinémathèque de Toulouse est alors considérée comme une antenne de la Cinémathèque française.

Buster Keaton_collections La Cinémathèque de ToulouseLa Cinémathèque de Toulouse s’émancipe lorsque les statuts de l’association qui gère ses activités sont déposés le 12 février 1964. Grâce à la volonté de Raymond Borde et de ses successeurs, elle est devenue une institution de dimension nationale, puis internationale. «Borde était aussi un manuel qui savait monter des rayonnages avec des planches. Il n’hésitait pas à partir avec sa 2CV le dimanche pour rencontrer des forains et retrouver des copies de films. Sans cela, la Cinémathèque de Toulouse n’aurait pas existé. Sans moyens, il ne fallait pas avoir peur de se salir les mains», se souvient Pierre Cadars, l’un des successeurs de Borde à la tête de l’archive toulousaine. Ne cessant de s’enrichir, ses collections comptent aujourd’hui 44 000 copies de films, 75 000 affiches de cinéma, 500 000 photos, etc.

«Notre objectif était de raconter comment une collection se constitue. Nous avons donc utilisé tous ces documents disparates pour construire un discours et écrire l’histoire de cinquante ans de chasse au trésor», assurent Natacha Laurent et Francesca Bozzano, les commissaires de l’exposition «Du cinéma autrement». «Une collection de cinéma est un ensemble très particulier et finalement assez hétérogène en terme de supports. On y trouve en effet tout ce que le cinéma produit : des films, bien sûr, et ce que, dans le jargon des archives, nous appelons le “non-film”. Les films ont été produits jusqu’à une date très récente sur de la pellicule argentique et sont donc conservés aujourd’hui sur ce support – qu’il s’agisse des négatifs, des matériels intermédiaires ou des copies d’exploitation. Quant au “non-film”, il se compose d’ouvrages, de revues, de photographies, d’affiches, de maquettes, d’appareils de projection et/ou de prise de vue, de costumes, de scénarios…», poursuivent Natacha Laurent, déléguée générale de la Cinémathèque de Toulouse, et Francesca Bozzano, chargée de projets aux collections de l’archive toulousaine.

La Grande illusion - Jean Renoir_collections La Cinémathèque de Toulouse

Les commissaires de l’exposition soulignent que «les fonds les plus riches de la Cinémathèque de Toulouse concernent le cinéma français, le cinéma russe et soviétique et le cinéma américain classique. Elle se caractérise également par un fort intérêt porté à la dimension populaire du cinéma, que l’on retrouve aussi dans le très important fonds de revues conservées à la bibliothèque. Raymond Borde, le fondateur de la Cinémathèque de Toulouse, a toujours été passionné par une approche historique et sociologique du cinéma, et les collections en portent aujourd’hui la trace. Enfin, la Cinémathèque de Toulouse conserve la plus importante collection d’affiches de cinéma de France, qui couvre l’ensemble de l’histoire du septième art, de 1907 à nos jours. L’ensemble de ces collections – film et non-film – est abrité au Centre de conservation et de recherche, situé sur la commune de Balma. La  Cinémathèque se répartit en effet sur deux sites : le 69 rue du Taur, au centre-ville, où se trouvent les salles de cinéma, la bibliothèque et l’administration ; le Centre de conservation, en périphérie de Toulouse, où sont stockées les archives.»

Jérôme Gac

Jusqu’au 15 mars, du mardi au dimanche, à la médiathèque José Cabanis,
1, allée Jacques-Chaban-Delmas, Toulouse. Tél. 05 62 27 40 00.

photos: Buster Keaton ; « La Grande Illusion » © collections La  Cinémathèque de Toulouse

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