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Garçon sensible

12 Jan Publié par dans Musique classique | Commentaires

Adam Laloum offre deux récitals toulousains au Théâtre Garonne, avant de faire ses débuts avec l’Orchestre national du Capitole de Toulouse à la Halle aux Grains.

Adam Laloum_ph. Carole Bellaiche - Mirare

Né à Toulouse en 1987, Adam Laloum est remarqué par la presse en 2009, alors qu’il remporte le Premier prix du prestigieux concours Clara Haskil. Il a débuté l’apprentissage du piano à l’âge de dix ans, a poursuivi ses études au Conservatoire de Toulouse, avant d’intégrer le Conservatoire national supérieur de Musique de Paris. Il obtient en 2006 son diplôme de formation supérieure. Philippe Cassard(1) était membre du jury au Conservatoire de Paris : «Pour moi, il était évident qu’Adam était l’artiste de ce concours. La suite a confirmé ce constat. Il est raffiné, sensible et discret ; son toucher est merveilleux», racontait le pianiste dans les colonnes du quotidien Le Monde. Adam Laloum s’est produit depuis dans de multiples festivals : de La Roque d’Anthéron à la Folle Journée de Nantes, de Piano aux Jacobins au London City Festival…

Il a publié chez Mirare un premier enregistrement entièrement dédié à Johannes Brahms, suivi d’un second dédié à Robert Schumann : «La « Grande Humoresque », je l’ai souvent mise sur le pupitre puis rangée, persuadé que je n’y arriverais jamais, tant Schumann pousse l’interprète dans ses derniers retranchements, exigeant une rapidité digitale quasi inhumaine», confiait-il l’an passé dans La Croix, lors de la sortie de l’enregistrement – encensé par la critique – de l’opus 20 du compositeur. Cette pièce est aujourd’hui au programme de l’un des deux récitals qu’il donnera au Théâtre Garonne. «Si l' »Humoresque » se joue d’une traite, elle est parcourue d’atmosphères très changeantes. Pour moi, ce sont autant de séquences variées réunies dans une partition imaginée d’un seul élan ! C’est peut-être l’œuvre qui me touche le plus de Schumann, déroutante, épuisante avec des difficultés techniques maximales. L’interprète doit prendre des risques extrêmes. La présence du public ajoute un surplus d’adrénaline»(2), assure Adam Laloum.

Les mélomanes toulousains ont eu l’occasion d’apprécier la fragilité de son jeu, sincère et dépouillé, lors de deux magnifiques concerts au festival Toulouse d’été : le premier en solo en 2009, puis avec le fabuleux Quatuor Modigliani quatre ans plus tard. Après les deux récitals dédiés à Bach et à Schumann programmés en janvier au Théâtre Garonne, il fera deux mois plus tard ses débuts avec l’Orchestre national du Capitole de Toulouse. À la Halle aux Grains, puis au Grand-Théâtre d’Albi, il interprètera le Premier concerto de Brahms avec le jeune chef japonais Kazuki Yamada.

«J’ai joué mon premier concerto à l’âge de 21 ans, ce qui est plutôt tard, comparé à mes collègues, mais les opportunités ne se sont jamais présentées. C’était le Deuxième concerto de Brahms et c’était très grisant ! Aujourd’hui, mon répertoire de concertos s’élargit progressivement, mais ça reste quelque chose de très spécial, qui me demande une préparation psychologique très différente de celle des récitals. La place de soliste devant un orchestre, c’est une chose particulière avec laquelle je ne suis pas toujours à l’aise… Cela dépend aussi des œuvres ; il y a des concertos de Mozart et de Brahms avec lesquels je me sens très proche, car j’ai le sentiment de faire de la musique de chambre, d’être en dialogue permanent, ce qui n’est pas le cas dans un concerto de Rachmaninov»(2), avoue Adam Laloum. Un artiste qui doute.

Jérôme Gac

« Scènes d’enfants » et « Grande humoresque » de Schumann,
« Concerto italien » de J. S. Bach, vendredi 23 janvier ;
« Partita » n°6 de J. S. Bach, « Études symphoniques » de Schumann, samedi 24 janvier.
20h30, au Théâtre Garonne, 1, avenue du Château d’eau, Toulouse. Tél. 05 62 48 54 77.

Concerto n° 1 de Brahms, par A. Laloum (piano) et l’Orchestre du Capitole,
sous la direction de Kazuki Yamada :
Samedi 14 mars, 20h00, à la Halle aux Grains, place Dupuy, Toulouse. Tél. 05 61 63 13 13.
Dimanche 15 mars, 20h30, au Grand-Théâtre, place de l’Amitié entre les Peuples, Albi.
Tél. 05 63 38 55 56.

 

(1) «Autour d’une forme, l’Etude pour piano», mardi 13 janvier ;
«Autour de l’Humoresque, opus 20 de Schumann», mardi 17 février :
par P. Cassard, 18h15 & 21h00, à l’Espace Croix-Baragnon, 24, rue Croix-Baragnon, Toulouse.
Tél. 05 62 27 60 60.

(2) pianiste.fr, février 2013

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photo: A. Laloum © Carole Bellaiche / Mirare

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