Close

La cuisine, un réseau social…

06 Nov Publié par dans Cinéma | Commentaires

Avec #Chef, Jon Favreau a écrit, réalisé et interprété une comédie sentimentale autour d’un cuisinier qui passe d’un prestigieux restaurant à un food truck.

#Chef

Cela devait arriver. La cuisine est devenue branchée, a envahi la télévision, la presse, les réseaux sociaux. Les chefs sont des stars. Hollywood ne pouvait rester insensible au phénomène et Jon Favreau, à qui l’on doit quelques blockbusters (Iron Man I & IICowboys & Envahisseurs), s’y est collé avec #Chef. On découvre Carl Casper, chef du prestigieux restaurant Gauloises à Los Angeles. Ce quadragénaire rondouillard a beaucoup sacrifié à sa passion. Divorcé et père d’un charmant garçonnet qu’il néglige, Carl est la cible d’une ravageuse critique publiée par Ramsey Michel, le plus fameux blogueur gastronomique des Etats-Unis. Quelques échanges épicés sur Twitter (auquel l’a initié son fiston) avec l’insolent ne font qu’aggraver la rage de Carl jusqu’à une altercation entre les deux hommes qui va faire du chef, au gré de vidéos postées sur le Net, une «vedette» malgré lui… Casper décide alors de changer de vie et de reconvertir son art de la cuisine dans un food truck.

Pas assez de sel, trop de sucre

Vrai passionné de gastronomie, Jon Favreau a mis beaucoup des dernières tendances de cet univers dans #Chef dont (comme l’annonce le titre) le rôle des réseaux sociaux où – de tweets en posts – se font et se défont les réputations. Aigreur, narcissisme, règlements de comptes, querelles d’egos, marketing et communication s’y côtoient dans un étonnant déballage où l’immédiateté des échanges ne favorise pas l’intelligence.

Le culte du terroir et des produits, la restauration étoilée et la street food, Internet et la télé-réalité, le cuisinier artiste ou artisan : si le film brasse nombre de thèmes, il ne reste qu’à la surface des choses – à l’image d’ailleurs du look (très bien vu) du héros (barbe, tatouages).

Après une mise en place assez réussie, #Chef bifurque vers le road-movie gastro et la comédie sentimentale. Les paysages défilent (Miami, Nouvelle-Orléans, Texas) au gré de cartes postales touristiques enrobées de musiques de circonstance (latino, jazz, blues). Cela se laisse voir, notamment grâce aux seconds rôles (sublime Scarlett Johansson en châtain foncé, Oliver Platt, Robert Downey Jr, Bobby Cannavale, Dustin Hoffman) mais le plat manque d’acidité et de piquant. Les promesses du début disparaissent dans la mélasse sirupeuse du conte de fée. Dommage. Un café et l’addition…

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante
.

 

Partager : Facebook Twitter Email

 


Christian Authier Plus d'articles de