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Hommes, femmes : mode d’emploi

16 Oct Publié par dans Cinéma | Commentaires

Suspense criminel haletant, Gone Girl de David Fincher offre une vision aussi noire que jubilatoire du couple et du mariage. Éblouissant.

Gone Girl

On avait quitté David Fincher en 2012 avec le très décevant Millénium : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, adaptation du premier volume de la saga romanesque au succès mondial de l’écrivain Stieg Larsson dont le seul mérite était de révéler l’immense talent de Rooney Mara. Ensuite, le cinéaste bifurqua vers la télévision en produisant la formidable série House of Cards (deux saisons au compteur, troisième en cours) dont il réalisa également les deux premiers épisodes. Revoici donc le réalisateur de Se7en et Fight Club de retour au grand écran avec une nouvelle adaptation de best-seller, en l’occurrence Les Apparences de Gillian Flynn qui a coécrit le scénario.

Nick et Amy Dunne s’apprêtent à fêter le cinquième anniversaire de leur mariage sept ans après un coup de foudre à New York. Tous deux travaillent dans la presse, mais le licenciement de Nick et la maladie de sa mère les amènent à s’installer dans la petite ville du Missouri où vit la famille de Nick. Là, le couple s’étiole, les dettes s’accumulent, la routine a rongé les élans du cœur. Un matin, Amy disparaît. Des traces de lutte dans le salon laissent supposer un enlèvement, mais très vite les soupçons s’accumulent sur le mari dont les mensonges et le comportement étrange en font un coupable idéal…

Mariage pour tous ?

Gone Girl afficheOn ne dévoilera pas plus les rebondissements d’un scénario machiavélique dont les tours lorgnent du côté du Limier de Mankiewicz ou de Sueurs froides d’Hitchcock. Outre la mise en scène et la beauté formelle du film (ce qui ne surprend pas chez le réalisateur de Zodiac et The Social Network), la force et la richesse de Gone Girl résident dans sa virtuosité à passer d’un registre à l’autre sans perdre le fil narratif de l’enquête criminelle. Ainsi, le film ne néglige pas l’humour (noir, très noir) ou la satire des médias au gré de scènes jubilatoires.

Si le couple et la famille sont souvent au cœur du cinéma de Fincher (Panic RoomMillénium), la vision qu’il en donne ici fera passer à certains spectateurs l’envie de se marier. Rayon acteurs, c’est comme d’habitude épatant. Ben Affleck et Rosamund Pike excellent dans toutes les facettes de leurs personnages tandis que les seconds rôles (Kim Dickens, Carrie Coon, Patrick Fugit) ne déparent pas. Brillant portrait de notre société du simulacre et de la manipulation, de l’ère du storytelling et des images falsifiées («Un type avoue être un connard à la télévision, les gens s’identifient»), Gone Girl dispense ses sortilèges qui sont des enchantements.

Christian Authier
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