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Aldo Ciccolini ou le piano dans toute sa plénitude

20 Sep Publié par dans Musique classique | Commentaires

Dans le cadre du Festival Piano aux Jacobins, mardi 23 septembre, à 20h, exceptionnellement à la Halle aux Grains, c’est un récital d’une des figures les plus marquantes du piano de la deuxième moitié du XXè siècle et de ce début de siècle nouveau.

Aldo Ciccolini

A propos de l’artiste : Qu’est-ce que la perfection en musique ? La plénitude. Mais encore ? Que pas une note ne soit « vide », dénuée de nécessité, détournée de la continuité du discours. Cette évidence, tous ceux qui ont déjà assisté à un récital d’Aldo Ciccolini, l’ont reçue en plein visage, avec des minutes de bonheur hors du temps. Ce que possède comme personne aujourd’hui ce grand musicien, c’est l’art de se maintenir en équilibre à la crête des vagues, semblant hésiter un millième de seconde entre le vertige de l’émotion éprouvée et la totale maîtrise technique. Savoir, inlassablement, éviter le piège de la sentimentalité sans tomber dans la sècheresse de la pure virtuosité. La virtuosité ? Un véritable piège qui décime les nouvelles pousses qui, de par leur technique, ne font qu’une bouchée des œuvres les plus difficiles en égrenant des myriades de notes…« vides ». La sentimentalité ? Des touches à peine effleurées ou, fracassées dans de grandes envolées de poignets et de coudes, toutes pédales enfoncées. Difficile de “sentir“ alors cette part de medium qui habite tout interprète authentique lui permettant de réunir le compositeur et l’auditeur.

Un artiste qui se présente à vous pour vous captiver et vous capturer par des sons, et qui ne se croît pas en représentation à la dernière Fashion Week. De ses prestations en concert, il vous dirait : « …Il ne faut surtout pas prendre conscience que l’on est en train de jouer, sinon, bing, c’est le mur blanc. Pendant la prestation, il faut au contraire atteindre un état schizoïde momentané : une partie de nous joue, l’autre jauge et prévoit. Ce qu’il faut apprendre, c’est à se libérer de cet état après le concert. Aujourd’hui, j’y arrive, enfin ! dès la dernière note jouée.  

Foin des sonates de Scarlatti et Clementi, ou de Beethoven, ou l’une des innombrables œuvres de Chopin ou Liszt, Debussy ou Schumann. Le programme de la soirée sera, à moins de changement de dernière minute toujours possible, mais notre français de si longue date, aux racines napolitaines, sera pardonné :

De BRAHMS, les Quatre ballades, op.10

Puis, Sonate en mi mineur, op.7 de GRIEG

Et enfin, de SCHUBERT, Sonate n°23 en si bémol majeur, D.960

Parmi les trois dernières sonates de Schubert, celle-ci est la plus facilement rentrée dans le goût du public actuel. Elle est certainement la plus belle, la plus émouvante, la plus résignée aussi et la plus équilibrée. Elle correspond, plus que toute autre, à la conception d’un Schubert tendre et mélancolique.

 Qui sait ? Peut-être que dans ses quatre mouvements retrouverez-vous aussi les états d’âme tels que ceux énoncés :

  1. Molto moderato – caractère de base : calme et contenu, doux et hymnique.
  2. Andante sostenuto – mélancolie et lucidité
  3. Scherzo. Allegro vivace con delicatezza – voltigeant et enjoué
  4. Allegro ma non troppo – grâce et détermination, vigueur et espièglerie avec ces clins d’œil narquois. Un grand moment d’abandon de soi avec une fin pleine de gaieté affirmée.

Michel Grialou

Piano aux JacobinsFestival International Piano aux Jacobins

 

 

 

 

 

 

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