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Viva l’opéra dans les salles UGC : SAISON 2014-15

08 Sep Publié par dans Cinéma, Opéra | Commentaires

Qu’il me soit autorisé de reprendre mes quelques premières lignes de l’édition précédente puisque, en effet les raisons du succès de ce concept sont les mêmes d’une année sur l’autre. Toulouse et sa région ont la chance d’avoir le Théâtre du Capitole avec de fort belles et passionnantes représentations, mais cette institution ne peut suffire à certains amateurs. Ces projections comblent un besoin et ceci d’autant mieux que le public est conscient qu’il assiste à un spectacle présenté sous certaines conditions, et que bien sûr, ces conditions-là ne sont pas tout à fait les mêmes que sur une scène de théâtre, en direct, côté voix par exemple !

Viva L'Opéra ! - saison 2014/2015

14 opéras et 3 ballets dont 3 pour les premiers et 1 pour les seconds en direct de l’Opéra de Paris, voilà un programme bien étoffé. La majorité des opéras présentés sont connus de tous les publics afin d’éviter des projections dans des salles au public clairsemé, ce qui ne correspond pas au but de l’entreprise. La politique tarifaire incite à une plus grande fréquentation par ses offres d’abonnement qui permettent d’aller à une représentation pour non plus 30€ mais 25 et même 20. Par exemple, et même si on ne peut pousser trop loin la comparaison, pour les opéras donnés dans nos deux salles parisiennes, il vous en coûterait pour un seul fauteuil d’orchestre, l’équivalent ici de 8 opéras différents! En tant que spectacle vivant, l’opéra en version concert scénique a un coût de plus en plus exorbitant et  fréquenter les plus grandes salles nécessite beaucoup de moyens. Autant donc profiter ici du confort offert et de la qualité des productions, en toutes connaissances de cause, et consommons, sans modération aucune !! On peut rajouter que le niveau sonore est étudié au mieux pour satisfaire quiconque en un point donné de la salle.

DON CARLO de GIUSEPPE VERDI

LE BARBIER DE SÉVILLE de GIOACCHINO ROSSINI – EN DIRECT DE L’OPÉRA BASTILLE OU DU PALAIS GARNIER (PRODUCTIONS DE L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS)

LA KHOVANTCHINA de MODESTE MOUSSORGSKI

TOSCA de GIACOMO PUCCINI – EN DIRECT DE L’OPÉRA BASTILLE OU DU PALAIS GARNIER
(PRODUCTIONS DE L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS)

ELEKTRA de RICHARD STRAUSS

LA FLÛTE ENCHANTÉE de WOLFGANG AMADEUS MOZART

FÊTEZ LA DANSE AVEC LE BALLET DE L’OPÉRA DE PARIS (BALLET)

MEFISTOFELE de ARRIGO BOITO

DON GIOVANNI de WOLFGANG AMADEUS MOZART – EN DIRECT DE L’OPERA NATIONAL DE PARIS – OPERA BASTILLE

L’ENLÈVEMENT AU SÉRAIL de WOLFGANG AMADEUS MOZART

MACBETH de GIUSEPPE VERDI

DON PASQUALE de GAETANO DONIZETTI

L’HISTOIRE DE MANON de KENNETH MACMILLAN (BALLET) EN DIRECT DE L’OPERA NATIONAL DE PARIS – PALAIS GARNIER

ANNA BOLENA de GAETANO DONIZETTI

LE LAC DES CYGNES (BALLET) de RUDOLF NOUREEV

L’ÉLIXIR D’AMOUR de GAETANO DONIZETTI

LE COMTE ORY de GIOACCHINO ROSSINI

Info et résa sur vivalopera.fr

Don Carlo

Il faudra vous précipiter à la première représentation qui concerne Don Carlo dont on ne va pas vous raconter l’histoire mais plutôt insister sur ce qui fait les atouts de cette production rendue, à commencer par la distribution dans laquelle on relève dans le rôle – titre, Jonas Kaufmann, le TENOR actuel. Tout suit et fait de cet opéra de Giuseppe Verdi, un sommet de l’art lyrique. C’est une excellente entrée en matière pour qui veut découvrir ce qu’est un opéra. Les connaisseurs seront comblés.

Fêtez la danse avec le Ballet

Autre élément-phare de cette saison, c’est bien le spectacle exceptionnel de ballet pour lequel voici le maximum de renseignements. Incontournable pour tous les amateurs, petits et grands du ballet dit “classique“.

FÊTEZ LA DANSE AVEC LE BALLET DE L’OPÉRA DE PARIS
DÉFILÉ DU BALLET DE L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS ’

MUSIQUE : Hector Berlioz
« Marche », extrait de l’opéra Les Troyens

Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs, le Corps de Ballet et les élèves de l’École de danse

Donné seulement lors de galas ou de manifestations exceptionnelles, le Défilé du Ballet de l’Opéra national de Paris, est une parade unique dans le monde de la danse, destinée à présenter la troupe dans toute l’envergure de la scène. Les danseurs arrivent lentement, depuis le fond du Foyer de la danse (situé derrière le plateau) pour venir jusqu’au proscenium saluer le public, cortège qui s’étire sur une profondeur de 46 m.

Ce Défilé rassemble les cent cinquante-quatre danseurs du Ballet de l’Opéra national de Paris : les Étoiles, les Premiers Danseurs, les Sujets, les Coryphées, les Quadrilles et la centaine d’élèves de l’École de danse, unis dans un héritage de plus de trois cents ans de tradition.

Les danseuses ouvrant la marche, les danseurs venant ensuite, l’ensemble s’avance dans l’ordre suivant : d’abord les élèves de l’École de danse (la plus jeune, seule en tête, commence le Défilé), puis les Quadrilles précèdent les Premiers Danseurs. Viennent ensuite les Coryphées (par rangée de six) et les Sujets (groupés par quatre) devançant les Étoiles, qui se présentent une par une, de la plus récemment nommée à la plus ancienne dans le grade.

ÉTUDES
MUSIQUE : Carl Czerny
Adaptée et orchestrée par Knudage Riisager
CHORÉGRAPHIE : Harald Lander

Études transpose sur scène une classe danse. Imaginé par Harald Lander qui fut chorégraphe, maître de ballet et directeur de l’École de Danse de l’Opéra, le ballet se lit comme un manifeste de la technique classique, de sa pureté, de sa rigueur et de son exigence.

CASSE-NOISETTE (LES MEILLEURS MOMENTS)
RUDOLF NOUREEV

BALLET DE L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS
SUJET DE MARIUS PETIPA D’APRÈS UN CONTE D’E.T.A. HOFFMANN ADAPTÉ PAR ALEXANDRE DUMAS
BALLET DE L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS
MUSIQUE : Piotr Ilitch Tchaïkovski

CHORÉGRAPHIE ET MISE EN SCÈNE : Rudolf Noureev d’après Marius Petipa et Lev Ivanov (Opéra national de Paris, 1985)

DÉCORS ET COSTUMES : Nicholas Georgiadis

Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs, le Corps de Ballet et les élèves de l’École de danse, l’Orchestre de L’Opéra national de Paris, la Maîtise des Hauts-de-seine et le Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris

Quand Tchaïkovski revient au pays de l’enfance, l’enchantement et la nostalgie envahissent sa musique, mais les cauchemars et les peurs aussi. Au retour de cet étrange voyage au pays de l’imaginaire, il composa un de ses plus fabuleux chefs-d’œuvre : une musique d’un lyrisme et d’une invention incomparables, rêveuse et parfois inquiétante, où tournoient des mirlitons, des flocons de neige et mille fleurs.

Un soir de Noël, la jeune Clara se voit offrir un casse-noisette, pantin inanimé qu’elle tient dans ses bras avant de sombrer dans un profond sommeil. Elle plonge alors dans un rêve étrange où soldats de plomb, rats et chauve-souris se livrent bataille. Guidée par son petit hussard de bois, devenu prince charmant, Clara affronte ses peurs et ses doutes comme autant de sentiments nouveaux et inconnus.

Elektra - Festival d'Aix-en-Provence 2013 © Pascal Victor / ArtcomArt

Vous n’étiez pas à Aix pour la nouvelle production d’ Elektra dans une mise en scène de Patrice Chéreau, hélas décédé peu après courant octobre 2013. Pas de problèmes puisque le 6 novembre, vous pourrez profiter dans les meilleures conditions de ce spectacle qui a fait l’unanimité. Une conjonction de talents, comme le titrait un magazine spécialisé qui n’hésitait pas à écrire : « Avec Esa-Pekka Salonen au pupitre d’un Orchestre de Paris à la fois incandescent et discipliné, Patrice Chéreau à la mise en scène { dont la simplicité n’empêche pas le spectateur d’être, à chaque instant, cloué au siège }, Richard Peduzzi aux décors, et l’une des meilleures distributions que l’on puisse réunir actuellement, cette nouvelle production est un authentique accomplissement visuel et sonore. » Rien à rajouter.

Trois  DIRECT à signaler sur la scène de l’Opéra de Paris, tout d’abord Le Barbier de Séville du grand panda fainéant, le bien-nommé Gioacchino Rossini, le 25 septembre, puis, Tosca du « marchand de larmes » Giacomo Puccini le16 octobre, et Don Juan du divin Mozart le 5 février. Trois monuments indestructibles de l’art lyrique pour lesquels il paraît inutile de présenter le synopsis.

Le Barbier est placé sous la direction de Carlo Montanaro et Rosina sera interprétée par la mezzo Karine Deshayes dans une mise en scène de Damiano Michieletto qui fait ses débuts in loco à l’Opéra de Paris.

Quant à Tosca, nouvelle production. Pierre Audi signe la mise en scène de cette tragédie qui se décline à trois, trois qui passent de vie à trépas, en premier le baryton Ludovic Tézier – LE baryton français –  dans le rôle du monstrueux Scarpia, ivre de pouvoir et de possession, qui mourra sous le coup fatal de Floria Tosca, la soprano dramatique Martina Serafin dont tout le talent a pu être apprécié par les toulousains dans le Chevalier à la Rose et dans André Chénier. Enfin, celui qui ne devait pas mourir sous les balles, et qui pourtant sera exécuté, le peintre romantique, idéaliste Mario Cavaradossi, le ténor Marcelo Alvarez, un habitué de la scène “capitolesque“ comme Ludovic Tézier. Il ne reste plus à l’héroïne meurtrière trahie et dont l’amant n’est plus, qu’à se jeter dans les eaux du Tibre du haut du Castelo San’Angelo. Une distribution hors-pair, le tout mené par la baguette de Daniel Oren, chef très apprécié des toulousains et des musiciens de l’Orchestre du Capitole qui l’avaient plébiscité lors des représentations du Trouvère il y a trois ans, et qui est justement de retour pour Le bal masqué en ouverture de saison. A peine terminé ici, il embraye donc, sans repos ! sur un autre drame, passant de Verdi à Puccini.

Don Giovanni est donné dans une mise en scène de Michael Haneke. La direction musicale est confiée à Alain Altinoglu, un chef à la valeur montante que les plus grandes scènes convoitent aussi bien pour le symphonique que pour le répertoire lyrique. Le baryton Erwin Schrott assume le rôle-titre avec tout le caractère d’un Don Juan affirmé, qui plus est, disons-le, aidé par un physique de…Don Juan ! Le reste de la distribution détermine une fort belle affiche pour cette production qui devrait enchanter le public de l’Opéra Bastille et celui des salles UGC.

La Khovantchina - Opéra de Munich

Il est temps de découvrir deux opéras que l’on rencontre rarement sur scène, La Khovantchina de Modeste Moussorgski et Mefistofele d’Arrigo Boïto. Du premier, il n’y a pas que Boris Godounov. La Khovantchina  est en 5 actes mais donné sans entracte sur deux heures environ. Il exige une mise en scène qui traduit une formidable musique. Dmitri Tcherniakov qui en a la charge va sûrement nous surprendre car l’homme de théâtre russe n’a pas son pareil pour trouver les ingrédients qui tiennent en haleine le spectateur, de par leur force toute persuasive. Côté voix, c’est un opéra qui fait la part belle aux voix profondes de basses. Kent Nagano dirige l’Orchestre de l’Opéra de Munich dans cette épopée tragique et bouleversante.

Mefistofele - OPERA DE SAN FRANCISCO

Quant à Mefistofele, on pense tout de suite à Faust, bien sûr. Le librettiste Boïto a décidé de créer en entier son opéra, s’occupant de son livret et de sa musique. L’œuvre nécessite beaucoup de moyens pour être mise en scène. Avec toute sa notoriété, et son talent reconnu de metteur en scène d’opéras, Robert Carsen a relevé le défi pour l’Opéra de San Francisco. La distribution au sommet pour les trois protagonistes, Mefistofele, Margherita et Faust, lui facilite l’entreprise. Il faut trois grandes voix, elles sont là.

Enfin rendez-vous avec La Flûte enchantée, cette parabole des grands thèmes qui ont occupé le XVIIIè, nourrie de la philosophie des Lumières : la nature et la culture, l’éducation et la morale, la vérité et la religion. Pour monter La Flûte, il faut tout. Des chanteurs et comédiens à la fois, une mise en scène très inspirée pour un spectacle de trois heures environ dont l’enchantement ne doit souffrir d’aucune baisse de régime. Le metteur en scène David Poutney a choisi de nous plonger dans un monde féerique pour ce lieu unique du Festival de Bregenz. Chaque tableau est une surprise pour le spectateur qui va trouver son compte dans le visuel tout comme ses oreilles seront comblées et par les voix, et par la musique de Mozart dirigée par Patrick Summers.

D’autres détails à venir pour les autres rendez-vous, mais vous vous devez de repérer déjà, le combat de deux monstres sacrés dans Anna Bolena et l’inénarrable numéro de Cecilia Bartoli avec son compère Javier Camarena dans Le Comte Ory.

Rendez-vous donc pour l’ouverture de saison si l’on peut dire le 11 septembre avec Don Carlo.

Michel Grialou

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