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Locke

08 Sep Publié par dans Cinéma | Commentaires

Pour faire bien au cinéma, pas toujours besoin d’en faire des caisses (ha ha), pas toujours besoin de budget astronomique ni d’effets pyrotechniques dévastateurs. Le minimalisme, le modeste, peut avoir du bon lui aussi.

Locke évolue dans cette dimension. Vous allez voir qu’on peut difficilement faire plus simple.

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Ivan Locke travaille dans les travaux publics. Alors qu’il part d’un chantier et devrait normalement rentrer chez lui, le sort (ou du moins les conséquences d’une soirée un peu trop arrosée quelques mois plus tôt) va lui faire prendre une toute autre route.

Voilà. C’est tout. Un mec absolument seul, roulant sur une autoroute, la nuit. Durant l’intégralité du long – métrage, vous allez vous retrouver assis en compagnie d’un type enrhumé, au bout du rouleau, qui tente de (se) conduire aussi bien que possible dans le grand merdier qu’est devenue son existence.

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Et vous connaissez la meilleure ? Pas une seconde d’ennui à l’horizon, pas le moindre bâillement étouffé ne viendra troubler votre projection.

Il faut dire que Stephen Knight est un petit malin. Non comptant d’être le créateur du jeu  » Qui veut gagner des millions  » (ça c’est pour l’anecdote), il sait installer une ambiance avec trois fois rien. Devenu depuis scénariste (c’est quand même lui qui a pondu les scénarios de Dirty pretty things et des Promesses de l’ombre), l’homme est passé à présent à la réalisation.

Reprenant à son compte le thème du huis – clos (jusque boutiste, 98 % de l’action de Locke est cantonée à l’habitacle de la voiture), déroulant son film en temps réel, lui faisant bénéficier d’une belle photographie, il évite les pièges en rythmant le tout de perspectives inhabituelles, d’effets de lumières, de fondus enchaînés.

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Il relie surtout son personnage principal au monde extérieur via un ingénieux système bluetooth (quasiment un personnage à part entière), cadençant la conduite au fil des conversations.

Certains pourraient s’effrayer de cette figure de style. Ils le pourraient si les dialogues étaient plats, les voix désincarnées. Il n’en est rien, évidemment. Steven Knight a fait appel à la crème des acteurs britanniques : Ruth Wilson (Luther), Olivia Colman (Broadchurch), Andrew Scott (Sherlock, Jimmy’s Hall) …

Seul, Tom Hardy occupe physiquement l’écran. Lui, qu’on est plus habitué à voir affilié à de fastueuses super – productions, se réinvente ici, occupant pleinement l’espace qui lui est dédié, arrivant à dégager un torrent d’émotions malgré sa position très étriquée d’homme – tronc. Chapeau mec …

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Au final, la forme est bonne, le fond aussi d’ailleurs. Il se pourrait même que cela vous donne envie d’aller faire un tour sur le périph’.

En vous remerciant.

Pierrette Tchernio

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