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Un autre Solides

05 Sep Publié par dans Gastronomie | Commentaires

Solides, le restaurant de Simon Carlier, déménage aux Carmes et se transforme, rue Pargaminières, en Solides comme cochons.

Solides

Il faut bien admettre que si La Rôtisserie des Carmes, tenue durant tant d’années avec brio par Alain Chabrier, avait cédé la place à une boutique de téléphones, de cigarettes électroniques ou de parfums ; certains auraient été, à juste titre, un poil énervés. Or, divine surprise, pour une fois, les choses se sont passées comme il le fallait : un restaurant a remplacé un restaurant. Et pas n’importe quel restaurant puisque Simon Carlier a transposé rue des Polinaires son établissement Solides de la rue Pargaminières.

Vent frais

Rappel des faits : à l’automne 2012, ce jeune homme – profitant de la visibilité et de l’expérience de son passage à l’émission télévisée Masterchef dont il fut finaliste – ouvrit un restaurant de poche à quelques encablures de la place du Capitole. Passionné de cuisine (notamment par tradition familiale, ses parents tenant une auberge dans l’Aude), cet autodidacte décida de franchir le pas. Au programme : douze à quinze couverts, un seul service midi et soir, une cuisine bistrotière joliment travaillée, des produits et des vins choisis, des petits prix.

Si le «label» Masterchef suffit dans un premier temps à remplir le cahier de réservations de Solides, le bouche-à-oreilles prit logiquement le relais. À l’instar de quelques autres jeunes chefs de la ville, Simon Carlier fit souffler dans les assiettes un vent frais et revigorant, sans rien perdre de son humilité et de sa curiosité. Naturellement, le désir d’évoluer et de proposer une cuisine plus ambitieuse dans un cadre mieux adapté s’invita.

Bande-annonce prometteuse

Fidèle à sa démarche et sans brûler les étapes, Simon Carlier – épaulé par son fidèle associé Jean-Louis Queille – a donc choisi d’installer ses fourneaux dans l’ancienne Rôtisserie des Carmes avec le soutien d’Alain Chabrier heureux de transmettre cet endroit à un digne héritier. A déjeuner, le «nouveau» Solides, qui a ouvert ses portes mercredi, propose un menu à 19 €, renouvelé chaque jour, où l’on pourra choisir dans les plats entre un poisson, une viande et des «produits tripiers» – tradition culinaire trop souvent abandonnée. Le soir, le restaurant se déclinera en mode gastronomique au gré de trois menus à 30, 45 ou 60 €.

Changement de registre même si le chef s’était déjà frotté au genre, notamment lors de soirées privatisées dans l’ancien Solides qui ne laissèrent pas de regrets aux heureux élus. Lundi dernier, deux jours avant l’ouverture officielle du restaurant, Simon et Jean-Louis procédèrent à un dîner «off» auprès de quelques habitués, confrères et fournisseurs. Un test probant qui n’avait rien d’un crash test. Nous eûmes là quelques avant-goûts de ce que serait Solides dans le sillage de ce qui avait déjà été. Une cuisine à la fois brute et distinguée déboula avec franchise dans les assiettes à l’image de ce plat mariant homard et langue de veau, mousseline de choux et sauce au crabe vert. L’agneau, fringant et à la cuisson impeccablement rosée, récolta des applaudissements nourris. Avant cela, palourdes et couteaux constituèrent un joli duo en amuse-bouche tandis que des supions aux fruits de la passion, accompagnés de radis et de courgettes jaunes, imposèrent leur évidence pas forcément gagnée d’avance. Deux desserts aériens et gourmands – dont une «panacotta aux fruits de la vigne» – conçus par Gaëlle, la sœur de Simon, conclurent parfaitement les débats. Si la suite des événements se montre à la hauteur de cette «bande-annonce», Solides va faire du bien aux papilles.

Vins naturels et cochon

Rayon vins, une sélection de 80 références (de 20 à 200 €) assure la variété des goûts et des couleurs. Signalons la judicieuse place accordée aux vins naturels dont ceux fournis par Franck Bayard, parmi lesquels des blancs d’Alsace de Binner, des beaujolais de Lapierre et Lapalu, le muscadet Amphibolite de Jo Landron, le côtes-du-rhône Sagesse 2010 du domaine Gramenon, le champagne Lassaigne ou le délicieux chinon de Lenoir…

Par ailleurs, le Solides de la rue Pargaminières est devenu Solides comme cochons, restaurant réservant logiquement les honneurs au noble animal. A midi, une formule entrée/plat/dessert (18 €) laissera le choix entre un poisson et un plat à base de cochon (comme l’excellent lomo dégusté l’autre jour) tandis que le soir une formule à la carte prendra le relais. La rentrée gastronomique toulousaine s’annonce bien. Très «Solides». A suivre.

Christian Authier
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Solides – 38 rue des Polinaires. Ouvert du lundi au vendredi, midi et soir. Tél. : 05 61 53 34 88.

Solides comme cochons – 49, rue Pargaminières. Ouvert du mardi au samedi, midi et soir. Tél. : 09 67 36 58 16.

Réservation conseillée et possible également via le site www.solides.fr.

 

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