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Salut les musclés

20 Août Publié par dans Cinéma | Commentaires

Autour de Sylvester Stallone, Expendables 3 rassemble vieux briscards et nouveaux venus pour un cocktail aussi explosif que vain.

Expendables 3

Il fallait s’y attendre. Après le succès d’Expendables : Unité spéciale en 2010 (écrit et réalisé par Stallone) puis d’Expendables 2 (signé Simon West) en 2012, voici donc le troisième épisode (mis en boîte par Patrick Hugues) des aventures de ces soldats d’élite dispersant façon puzzle les méchants à travers la planète. Commercialement, la recette est imparable : rassembler vedettes et seconds couteaux du film d’action. John Sturges avec Les Sept mercenaires (librement adapté des Sept samouraïs de Kurosawa) et Robert Aldrich avec Les Douze salopards – pour ne citer qu’eux – y avaient déjà pensé.

Sans surprise, on retrouve donc au générique Sylvester Stallone, Jason Statham, Dolph Lundgren, Wesley Snipes, Jet Li, Randy Couture, Terry Crews et Arnold Schwarzenegger. Parmi les nouveaux venus : Harrison Ford, Antonio Banderas, Mel Gibson. Sans oublier quatre «petits jeunes» – Kellan Lutz, Ronda Rounsey, Glen Powell, Victor Ortiz – chargés d’apporter un peu de fraîcheur aux vétérans.

Armes pas fatales

L’histoire ? Comme d’habitude. Stallone et sa bande vont affronter un grand méchant et ses sbires. La bonne idée est d’avoir confié le rôle du «bad guy» à Mel Gibson, mais Robert Rodriguez l’avait fait dans Machete Kills et, surtout, il s’agit de la seule bonne idée de ce film poussif, trop long (plus de deux heures) et gonflé à la testostérone. Il manque d’ailleurs cruellement à Expendables 3 l’humour grinçant et la loufoquerie chers à Rodriguez. Ici, trop de sérieux et de premier degré rendent le spectacle indigeste.

En outre, ces «expendables» portent mal leur nom. Il aurait mieux valu les appeler les «Indestructibles» (déjà pris) ou les «invulnérables» car les balles, les missiles, les bombes, les chars de leurs centaines d’adversaires ne les atteignent jamais. Tout au plus comptent-ils un blessé au début dans leurs rangs. On ne gâchera aucun effet de surprise en révélant qu’il s’en sortira… Difficile de ne pas partager la réaction de Stonebanks (Mel Gibson) apostrophant ses bataillons de combattants : «Vous n’arrivez pas à tuer dix hommes ? Vous ne pouvez pas en blesser un ou deux ?».

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

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