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La guerre d’Indochine version roman noir

08 Juil Publié par dans Littérature | Commentaires

Le Dernier Tigre rouge entraîne le lecteur sur les pas d’un légionnaire français traquant un mystérieux ennemi.

Le Derrnier Tigre rouge

Avant de se retrouver en Indochine en 1946, engagé au 2ème Régiment Etranger d’Infanterie, Charles Bareuil participa au débarquement en Normandie sur Sword Beach, mais sa guerre commença dès 1941 en Yougoslavie. Fuyant son pays vaincu, le jeune Français avait cru échapper au fracas des armes sur la terre de son épouse Elena, danseuse serbe rencontrée à Paris au temps de l’insouciance. Mais les nazis et leurs féroces alliés croates – enivrés autant par la création de leur Etat «indépendant» que par la perspective d’exterminer Serbes, Juifs et Tziganes – en décidèrent autrement. Sa belle-famille massacrée, Bareuil s’enrôla dans les rangs des Tchetniks, monarchistes serbes dirigés par Draža Mihailović et premier mouvement de résistance armée au nazisme.

Le Derrnier Tigre rouge - Jérémie GuezEn Asie, cet homme d’honneur découvre un autre théâtre des opérations où les ombres de la Seconde Guerre mondiale sont encore prégnantes. Il va aussi être confronté à un mystérieux ennemi, un tireur d’élite au service du Viêt Minh, un «tigre» à l’étrange pedigree … Âgé seulement de 26 ans et déjà auteur de trois romans noirs, Jérémie Guez signe avec Le Dernier Tigre rouge un suspense palpitant où le souffle historique (le récit se déroule de 1946 à 1954) et le goût des horizons lointains se marient avec bonheur. Si le lecteur connaît l’issue de certains événements (dont Diên Biên Phu…), il est entraîné au plus près de personnages solidement campés, avec ce qu’il faut d’ambiguïté et de zones d’ombre. Bien sûr, il est difficile de ne pas tomber sous le charme de Bareuil, de son esprit chevaleresque et de son romantisme des causes perdues : «Toute la journée il avait vu des bourgeois se comporter comme des porcs, jouir sans entraves d’un pays pour lequel ils ne combattraient jamais. D’autres le faisaient à leur place, la Légion en tête. Il pensa à cette histoire impossible, à ceux qui aimaient ce pays et la France, aux Jaunes et aux Blancs, irréconciliables, ivres de haine. Lui-même était venu là pour des raisons obscures, celles pour lesquelles les gens se battent et tuent, pour venger, pour reconquérir les fantômes, ressusciter des êtres vivant dans les mémoires et les cœurs morts.» Bon programme.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

Le Dernier Tigre rouge, éditions 10/18, collection «Grands détectives», 240 p.

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