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Histoire de Roms

29 Juin Publié par dans Littérature | Commentaires

Entre tragédie et comédie, Velibor Čolić retrace dans Ederlezi la destinée mouvementée d’un groupe de musiciens tziganes.

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«Comédie pessimiste», peut-on lire sous le titre du septième roman publié en France par Velibor Čolić, écrivain bosnien né en 1964 et installé dans l’hexagone depuis plus de vingt ans. En effet, Ederlezi (fête traditionnelle tzigane célébrant l’arrivée du printemps chaque 6 mai) jongle entre rire et gravité pour raconter les vies et les morts d’Azlan, le leader d’un orchestre tzigane, du début du XXème siècle au début du XXIème.

Dans le sillage de ce personnage et de ses réincarnations (Azlan Tchorelo, Azlan Bahtalo, Azlan Chavoro Baïramovitch), on rencontre Danko Calo dit aussi Danko le Kirvo, Salko la Ploska, Lyoubo le Bonze, Costica dit l’Albanais ou l’Accordéoniste, Ekrem le Boxeur, Ekrem le Patriote… Galerie humaine grouillante portée sur la bouteille, la bagarre, l’amour, et bien sûr la musique tzigane : «Les plus belles mélodies, drôles et tristes à la fois». Rien de vraiment surprenant quand on sait que la langue tzigane compte pas moins de dix-sept mots pour décrire le chagrin, mais que tout est prétexte à une fête chez ces vagabonds célestes.

Du rêve au réel

Velibor Čolić - EderleziLe village dont ces musiciens sont issus «se trouva tantôt en Macédoine, tantôt dans l’Empire ottoman, souvent en Yougoslavie, mais parfois aussi dans le royaume serbe, rêvé mais tout aussi réel.» Ederlezi joue de la même façon avec les frontières, les identités, les situations, les tons. Le roman passe du réalisme au fantastique, du conte à la poésie. Des vampires et des diables apparaissent. Parmi ces derniers, les Oustachis (nazis croates créateurs de l’Etat indépendant de Croatie en 1941), leur drapeau à damier blanc et rouge, leur zèle exterminateur notamment au camp de Jasenovac. Mais Azlan renaît toujours. Le voici au festival de Cannes en 1967 en compagnie d’Aleksandar Petrović (le réalisateur de J’ai même rencontré des Tziganes heureux) ou sur l’île privée de Tito… Montez sur le manège enchanteur de Velibor Čolić.

 

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

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