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Eastwood connaît la chanson

28 Juin Publié par dans Cinéma | Commentaires

Avec Jersey Boys, son 33ème film en tant que réalisateur, Clint Eastwood retrace la carrière du groupe The Four Seasons. Brillant.

Jersey Boys - Clint Eastwood

On connaît depuis longtemps la passion pour la musique de l’acteur et réalisateur : de Honkytonk Man (dans lequel il interprétait lui-même les chansons) à Bird (superbe biographie de Charlie Parker) en passant par certaines musiques originales de ses films qu’il a composées lui-même. Avec Jersey Boys, dont le scénario est tiré d’une comédie musicale à succès, Eastwood retrace l’histoire du groupe très populaire aux Etats-Unis, The Four Seasons, puis la carrière solo de son chanteur Frankie Valli, du milieu des années cinquante au milieu des années soixante-dix (sans oublier une séquence au Rock’n’Roll Hall of Fame en 1990).

De ce «biopic», coproduit par Frankie Valli et Bob Gaudio (membre et compositeur du groupe), on pouvait attendre un produit quelque peu académique, estampillé «histoire officielle». Si le film emprunte certains passages obligés (naissance et ascension du groupe), il n’occulte pas les tensions et les rancœurs entre ses membres, pas plus que les difficultés de Valli dans sa vie personnelle à l’image des rapports père/fille (l’un des thèmes chers au cinéaste).

Ces années-là

S’attaquant à l’histoire de quatre italo-américains du New Jersey, Eastwood sait qu’il va croiser la route de quelques icônes de la culture populaire : de Frank Sinatra aux Soprano. Avec l’humilité du grand créateur, il n’évite pas l’obstacle et rend hommage aux Affranchis de Martin Scorsese notamment à travers les personnages qui s’adressent aux spectateurs, une référence à Joe Pesci ou le parrain interprété par Christopher Walken, une fois de plus génial.

Jersey Boys - Christopher Walken, Clint Eastwood © Warner Bros

Toujours aussi à l’aise dans la direction d’acteurs (ici avec quatre jeunes comédiens quasi inconnus sur grand écran), Eastwood reconstitue brillamment les époques : l’insouciance sucrée des années cinquante et du début des années soixante baignant dans le doo-woop des tubes du groupe, la dimension plus crépusculaire de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix. Jersey Boys tient le rythme tout au long de ses 135 minutes, maniant aussi bien de fulgurantes ellipses que des moments de latence. Les séquences musicales sont filmées magnifiquement, comme par exemple le tube Can’t Take My Eyes off You de Frankie Valli.

En 2011, Clint Eastwood s’apprêtait à tourner le remake de la comédie musicale Une Étoile est née avec Beyoncé, mais la grossesse de la chanteuse interrompit le projet. Le final éblouissant du film, entièrement musical, jusqu’au générique (qui compte parmi les plus belles scènes filmées par Clint) donnent des regrets. A quand une comédie musicale signée par le cinéaste ? Ce ne sera pas pour son prochain film, American Sniper, déjà tourné avec Bradley Cooper dans le rôle principal.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

 

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