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Welcome to New York : beaucoup de bruit pour rien

30 Mai Publié par dans Cinéma | Commentaires

La version fictionnelle de «l’affaire DSK» par Abel Ferrara manque d’ambition et d’imagination.

Welcome to New York d’Abel Ferrara avec Gérard Depardieu, Jacqueline Bisset

Visible en vidéo à la demande depuis le 17 mai à minuit, le film d’Abel Ferrara ne mérite pas le tombereau d’insultes ni de commentaires qu’il a suscité depuis le lancement du projet. Le résultat se révèle juste une illustration assez fidèle et plate de cette affaire telle que nous la connaissons à travers les récits médiatiques. Malgré la volonté d’être au plus près des «faits» et des personnages, Welcome to New York pêche par abstraction. En restant à la surface des choses, il se prive de toute vision personnelle tandis que les patronymes sous lesquels apparaissent les deux principaux personnages (le nom Devereaux pour DSK, le prénom Simone pour Anne Sinclair) ajoutent du flou à la platitude.

Docu-fiction

Une première demi-heure façon porno soft avec DSK / Depardieu, couvert de champagne et de call-girls dans le peignoir popularisé par les Guignols de l’Info, puis la scène furtive de l’agression sur la femme de chambre avant un huis-clos mettant en scène le couple dans l’appartement new-yorkais (en l’occurrence celui où vécurent réellement DSK et Anne Sinclair), huis-clos interrompu par deux flash-backs revenant sur d’autres «débordements» de DSK répertoriés dans les médias. Voilà, c’est fini.

Welcome to New York d’Abel Ferrara avec Gérard Depardieu

A part une brève séquence introductive en forme de mise en abyme, où Depardieu évoque son approche du rôle de DSK, Welcome to New York ne quitte jamais le registre du mauvais docu-fiction. Par ailleurs, deux scènes ont été considérées par Anne Sinclair, DSK ainsi que des journalistes comme antisémites. La première fait d’Anne Sinclair un soutien de l’Etat d’Israël (véridique ou imaginaire, cette assertion ne semble pas antisémite), la seconde suggère que sa famille (ayant fui le nazisme) aurait prospéré grâce à la guerre. Là, on est sur un terrain plus nauséeux. Cela dit, les cris d’orfraie et de vierge effarouchée de DSK, via son avocat évoquant que l’ancien directeur du FMI a été «écœuré et effrayé» tout au long du film, font plutôt sourire.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

Welcome to New York d’Abel Ferrara avec Gérard Depardieu, Jacqueline Bisset, Drena De Niro. Durée : 2h.

 

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