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I due Foscari : Verdissimo !!!! Courez, courez jusqu’au Capitole !

19 Mai Publié par dans Opéra | 4 Commentaires

Après Les Pigeons d’argile, le public semble s’être plongé avec volupté, et immergé complètement, dans cet opéra de jeunesse que la production, encore une nouvelle sur notre scène, a ardemment mis en valeur, musique, chant et théâtre confondus, et ici, dans l’ordre qui vous conviendra personnellement. Si le précédent ouvrage était une création mondiale, celui-ci n’en constitue pas moins, une création capitoline pour un opéra de…1843.

Inutile de s’étendre, l’essentiel a déjà paru ici dans mon annonce du spectacle que vous ne manquerez pas de relire. Ce sera donc un simple compte-rendu d’impressions, en toute subjectivité.

naïs Constans (Pisana), Tamara Wilson (Lucrezia Contarini), Francisco Corujo (Barbarigo), Sebastian Catana (Francesco Foscari), Aquiles Machado (Jacopo Foscari) © Patrice Nin

Les trois voix indispensables sont au rendez-vous avec un baryton que les anciens rapprocheront d’un certain Renato Bruson. Le roumain Sebastian Catana a fait une très vive impression avec un chant magnifique et un investissement scénique ne souffrant aucune critique, à mon goût ! C’est du grand baryton.

Aquiles Machado (Jacopo Foscari), Sebastian Catana (Francesco Foscari) © Patrice Nin

 Pour le ténor, ici primo tenore, c’est un rôle d’une difficulté sans pareille. Il hésite, dit-on en langage référencé!, entre l’émission du drammatico romantico  et le legato spianato du lirico donizettien. Le vénézuelien Aquiles Machado fait face vaillamment, et le public qui, en très très grande majorité, découvrait cet opéra, a su lui rendre un vibrant merci pour la performance vocale et scénique. Ce n’est pas lui faire offense si l’on dit avoir pensé au jeune Placido Domingo à plusieurs instants.

Tamara Wilson (Lucrezia Contarini), Aquiles Machado (Jacopo Foscari) © Patrice Nin

Quant à cette malheureuse Lucrezia qui perd en quelques minutes, son époux et son père à la fois, Tamara Wilson nous a fait la démonstration qu’elle évolue rapidement vers les rôles placés tout en haut des affiches à venir, verdiennes et autres. Sa Leonora du Trouvère, ici même, nous avait convaincus, cette Lucrezia achève le travail, et tous les plus grands rôles de soprano soumise aux règles du grand drammatico d’agilita di forza, sont maintenant à sa portée. Nous la reverrons, c’est obligé, dans un grand rôle plus célèbre, verdien ou proche, il ne peut en être autrement. On apprend avec grand intérêt, qu’elle vient de mettre à son répertoire Norma. Logique. Quant au méchant Loredano, la basse Leonardo Neiva, il fut un méchant, très plébiscité !

Tamara Wilson (Lucrezia Contarini) © Patrice Nin

Les Chœurs bien sûr, sont encore remarquables, la part belle étant faite au Chœur d’hommes. Profitons-en pour signaler leur concert du 21 avril dans un programme intitulé : Visages de l’Amérique construit autour de Samuel Barber et Leonard Bernstein. Ils sont placés sous la direction musicale de leur chef Alfonso Caiani.

Les décors, les costumes, les lumières et la mise en scène de Stefano Vizioli ont parfait un ensemble au niveau duquel il paraît bien difficile d’extirper quelques points négatifs fragilisant tel ou tel tableau. Quant à la fosse et son chef, Gianluigi Gelmetti, son enthousiasme communicatif pour la partition nous a fait retrouver Verdi. Il est bel et bien présent en effet. Motifs, accords,… nous ramènent à Nabucco, Ernani, Macbeth, Traviata !etc. Don Carlo frémit déjà.

Machado (Jacopo Foscari), Alfredo Poesina (L’Officier) © Patrice Nin

Les Deux Foscari est un opéra de jeunesse, ou classé tel que. Pour qui pouvait connaître  la partition, ou d’autres interprétations, un peu plus de raffinement aurait pu les convaincre davantage. Mais, pour la grande majorité du public, le niveau de satisfaction ne laissait planer aucun doute. Enthousiasme général. Là, est bien l’essentiel. Découvrir un opéra dans de telles conditions, qui pourrait faire un tantinet la fine bouche ? Quant à la recette verdienne pour la confection de ses petits plats opératiques, moi, j’adhère !

Gianluigi Gelmetti (direction musicale) © Alain Hanel - SBM

Michel Grialou

Théâtre du Capitole jusqu’au 25 mai

photos : Patrice Nin

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4 commentaires

  • jlgatlse dit :

    Bonsoir, j’étais à la représentation du 20 mai. Votre compte rendu très bien fait s’y applique également très bien.

    Par contre, non, Bruson n’a pas le calibre de S Catana, ni d’ailleurs Domingo celui de A Machado !
    Quelle chance on a à Toulouse de voir en permanence de remarquables chanteurs.

    Je pense que la Callas devait ressembler à T Wilson, peut être encore un peu plus puissante.

    Merci.

    • jlgatlse dit :

      J’oubliais : Aux saluts, le très méchant a été hué, pas le chanteur (qui était bien, quoique inférieur aux autres), mais le personnage !!! Il en riait.

    • C’est vrai que Renato Bruson était de gabarit vocal plus……réduit, avec cette fameuse ligne de chant. Ce Catana est très impressionnant.

      Quant à Tamara Wilson elle nous surprend très très agréablement, et le chemin parcouru depuis sa Leonora du Trouvère avec KIM (que l’on devait retrouver dans Daphné et qui hélas, ne pourra être là) est plein de promesses. Nous la reverrons au Capitole.

      Quant à la basse Toledano, il avait été briefé dès la générale où les scolaires présents avaient bien écouté leurs professeurs et avaient bien retenu, que c’était le méchant!!!. Un instant interloqué, le reste du plateau s’est empressé de le rassurer!! Il y eut droit le soir de la première et un peu plus encore le dimanche apm! On verra demain avec la retransmission en direct.Il faudra une explication sur les ondes, du moins je la souhaite.

  • carayonk dit :

    Bonsoir,

    Je reviens du théatre du Capitole et en finalisant mon article sur mon blog retraçant la soirée, je suis tombé sur votre article.

    Sur le lien suivant, vous avez mes commentaires de la soirée… qui finalement ne sont pas si éloignés des vôtres à quelques jours d’intervalles.
    http://carayonk.wordpress.com/2014/05/24/un-i-due-foscari-au-dela-de-toute-eloge-theatre-du-capitole-le-23052014/

    Ce fut vraiment une représentation comme on en voit peu, ce soir la mayonnaise a pris… vraiment exceptionnel.

    Bien cordialement


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