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L’amour, c’est beaucoup plus que l’amour…

14 Mai Publié par dans Littérature | Commentaires

L’amour est éternel tant qu’il dure, annonce le titre du dernier roman de Franz-Olivier Giesbert, voyage autour des passions du cœur et des élans des corps.

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De Goundam au nord du Mali à Nice en passant par Rome, Paris, Shanghai, Madrid, de nombreux détours par les Etats-Unis et l’Allemagne : le nouveau roman de Franz-Olivier Giesbert est une sorte de carte du tendre mondialisée sur laquelle on suit les pérégrinations sentimentales, amoureuses, sexuelles, d’une foule de caractères dont les destinées vont se croiser. Si le clin d’œil au film choral Magnolia n’est évidemment pas innocent et si la jeune Amina constitue le fil rouge du récit, l’amour est le véritable personnage principal. «C’est le personnage principal de tout roman, dont celui de notre vie, ce roman que nous écrivons dans la nuit», déclarait d’ailleurs Julien Green, écrivain de chevet et confident de Giesbert.

Coups de foudre, trahisons, étreintes, tromperies, déclarations, mensonges, ballets érotiques : l’auteur d’ Un très grand amour ne néglige rien dans ce voyage où fous de Dieu et folles de la cuisse, dompteurs de fauves et chiens très affectueux s’apprivoisent ou s’affrontent.

Qui est amour ?

L’amour est éternel tant qu’il dure - Franz-Olivier Giesbert (Flammarion)Les lecteurs de l’écrivain retrouveront ici ses thèmes et ses obsessions, son goût de la digression et son sourire en coin, son art du déguisement et du rebondissement – jusque dans le coup de théâtre final où il nous rappelle qu’il a aussi signé des thrillers de belle facture. Franz-Olivier Giesbert est un drôle de paroissien : hédoniste, chrétien, panthéiste, syncrétique… Il voue un culte autant à Simone Weil qu’à saint François d’Assise, à Spinoza qu’à Johnny Cash. Avec de tels maîtres à vivre, il n’est pas surprenant de trouver sous sa plume des jugements peu aimables sur les Français ronchonneurs, aigris, jaloux, incapables d’aimer le présent ni de saluer le passé sans avoir peur du lendemain. Bien sûr, les «lieux de culte affreux» que nous réserve le bel aujourd’hui, dont «les Apple Stores où, avec ses tenues et son langage formaté, le personnel ressemble aux figurants d’un navet de science-fiction des années 1960», ne portent guère à la grandeur d’âme, mais il ne faut désespérer de rien.

Giesbert aime tout, notamment les animaux. Au point de consacrer quelques pages (précédées d’un avertissement au lecteur) à la zoophilie. Les puritains et les intégristes de tout poil passeront leur chemin. L’amour est éternel tant qu’il dure refuse de choisir entre le réel et le fantasme, les religions et les mythologies, les vivants et les morts car «Tant que nous sommes encore de ce monde, nos morts ne meurent pas. Ils continuent de vivre en nos têtes jusqu’au dernier soupir. Ils nous aident.» Dieu est Amour, nous a dit le Christ. Et si l’Amour était Dieu ?

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

L’amour est éternel tant qu’il dure,
Flammarion, 365 p.

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