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Only lovers left alive

24 Fév Publié par dans Cinéma | Commentaires

J’avais vraiment hâte de découvrir Only lovers left alive. Comme (presque) tous les films de Jim Jarmusch à vrai dire.

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Dans la foisonnante galaxie de mes réalisateurs adorés – par – dessus – tout, Jim Jarmusch figure en bonne place. Pas seulement parce que le type est un monument de coolitude (lunette noire et crinière blanche depuis ses 25 ans, vous avez demandé la rock n’ roll attitude ?), pas simplement parce que ses meilleurs copains s’appellent Tom WaitsIggy Pop ou Jack White, pas exclusivement parce que quand il fait l’acteur, c’est pour se moquer de lui – même, pas uniquement parce qu’il est le dernier à avoir fait tourner Robert Mitchum, mais surement pour toutes ces (bonnes) raisons à la fois.

Chez lui, les héros sont perdus, à la recherche de filiation, musicien échappé de prison, indien aux portes de la mort ou gangsta samourai. Son univers n’appartient qu’à lui (bonjour, j’inaugure les évidences de Pierrette), l’atmosphère y est poétique, mélancolique, burlesque, la musique y tient une place essentielle (ses bandes originales ne sont que magnifiques morceaux et explorations sonores).

Il y a toujours une petite appréhension à découvrir le dernier film d’un réalisateur qu’on aime beaucoup (va – t – il encore m’embarquer ou me laisser sur le bord de la route ?). Aujourd’hui, dès le générique (et une typographie gothique sous un ciel mouvant), j’ai su que tout allait bien se passer.

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D’ailleurs, je n’ai même pas envie de vous en conter le pitch*. Si je vous dis qu’un vampire, compositeur génial, rendu dépressif par le monde des humains, songe à mettre fin à ses jours, vous trouverez éventuellement l’idée cocasse (des morts qui n’ont plus goût à la vie, ha ha ! Vraiment !), vous aurez peut – être même une pensée pour le Dracula de Coppola ou pour l’ersatz Twilight.

Oubliez vos références, si l’on a bien affaire à un film de dents effilées, la comparaison s’arrête là. Je vous accorde que les photos présentes confortent l’impression de romantisme exacerbé, pourtant Only lovers left alive évite les poncifs et les écueils du film de vampires, réinventant le genre.

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Le climat du long – métrage est particulier, doux tout autant qu’électrique, jamais noir ni désespéré.

Jim Jarmusch situe son histoire en deux lieux, Détroit pour Adam, Tanger pour Eve. Uniquement filmé de nuit, la (sublime) photo tour à tour blafarde ou toute en teinte orangée, navigue de la banlieue en ruine de la capitale automobile (avec ses quartiers entièrement laissés à l’abandon où la nature a repris ses droits) à la ville marocaine (médina déserte, ruelles où errent les dealers).

Dans ces lieux dépeuplés, ces êtres vivent en mixant des modes de vie surannés à des pratiques contemporaines, leur amour immodéré pour la nature (chaque plante et créature est connue sous son nom latin) aux problèmes du quotidien (l’approvisionnement en nourriture, la famille à gérer).

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Only lovers left alive distille une ambiance difficilement résumable, mélange de modernité et de classicisme, d’humour et de langueur.

Cette ambiance est confortée par une bande son superbe. Jim Jarmusch a confié la charge de la création sonore et hypnotique au musicien néerlandais Josef Van Wissem (c’est vraiment trop beau, allez jeter une oreille par ).

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Ils sont 4 à incarner cette tribu vampirique, tous comédiens d’origine britannique (exception faite de Mia Wasikowska) qui leur confère une touche de raffinement supplémentaire. Tilda Swinton, comédienne au talent incontestable, à l’aura particulière, incarne Eve. Elle m’a toujours foutu les miquettes par son aspect un peu glacé, la choisir pour incarner ce vampire à la beauté étrange ne pouvait pas plus tomber sous le sens.

Tom Hiddleston (l’interprète d’Adam et la découverte de la semaine, très bien aussi) et le grand John Hurt viennent compléter la famille de ces amateurs d’hémoglobine.

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Film éthéré, élégant, où la prise de sang humain est un cérémonial précieux filmé comme un shoot d’héroïne et où l’amour sauve de tout, Only lovers left alive se révèle un très grand cru Jarmusch. Personnellement, j’en reprendrais bien une coupette.

En vous remerciant.

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* : Bien évidemment, rien à voir ici avec une quelconque pâtisserie industrielle ou Teddy Riner, de par le pitch on évoque seulement le résumé succinct d’un film.

 

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