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Prendre La Pente Douce…

19 Fév Publié par dans Gastronomie | Commentaires

Après un an d’absence, La Pente Douce renaît et s’installe dans le quartier de la Concorde. Succès assuré.

La pente douce © R. LafargeLe premier service d’un restaurant, dont l’ouverture a été annoncée des mois auparavant et guettée par une escouade de gastronomes, procure une excitation particulière. On imagine volontiers la tension côté coulisses et cuisine tandis que l’impatience côté clients a besoin d’être assouvie. En l’occurrence, la naissance – ou plutôt la renaissance – de La Pente Douce avait aiguisé bien des appétits. Avec la création de son restaurant/table d’hôtes en 2007 dans le quartier de la Patte-d’Oie, Hamid Miss et sa cuisine séduisirent bien des papilles de la ville. Avec son épouse Typhaine, ils recevaient chez eux et cette «aventure formidable» dura cinq ans, assez pour créer une cohorte d’aficionados, pas assez pour éprouver de la lassitude.

Harmonie

A cette époque déjà et durant l’année 2013, Hamid multiplia les «interventions» dans d’autres établissements, y compris parfois de manière informelle et improvisée. Il n’était pas rare de croiser le chef une pièce de bœuf à la main ou des bêtes à plûmes prisées par les gourmets dans l’autre main. Un soir, dans le restaurant de l’un de ses amis, nous le vîmes passer derrière les fourneaux après le service afin d’envoyer colverts et sarcelles dont la cuisson parfaite fit le bonheur des présents. Une autre fois, à déjeuner, lors de l’inauguration de la cave Lacrima Vini de la place Saint-Georges, Hamid régala l’assistance. Les festivités durèrent jusqu’au soir… Improvisation et solos : il y a du musicien chez ce garçon dont le bon visage possède un air de Prince mâtiné de Bob Marley.

Changement de registre avec cette Pente Douce 2014 qui prolonge l’esprit du précédent établissement, mais dans un nouveau cadre et avec une véritable équipe (neuf personnes au total). Le lieu justement, il faut en parler. Avec son immense cuisine ouverte placée au centre d’une vaste salle pouvant accueillir une cinquantaine de couverts, l’endroit impressionne par l’équilibre des formes qui distille à la fois chaleur et intimité, épure et originalité avec notamment la présence d’un piano (pas de cuisson, un «vrai»). Une table d’hôtes adresse un clin d’œil au passé, tout est harmonieux, élégant sans ostentation.

Instinct

Mais passons à table. Premier service à déjeuner le jeudi 23 janvier. Par le seul bouche-à-oreille, La Pente Douce affiche complet. Champignon «surprise», potage et raviole au foie gras, couscous au poulet sont notamment à la carte du jour. La formule déjeuner (13, 17 et 20€ pour entrée/plat/dessert) laisse place le soir à un menu complet à 35€ ou à la carte. Lors d’un dîner, nous avons goûté un potage butternut au foie gras relevé par un superbe poivre japonais et du gingembre, un filet mignon de porc accompagné d’artichauts et d’oignons, une fringante tarte sablée poire/frambroise, mais nous ne résistâmes pas à l’appel du moelleux au chocolat : magnifique, tout en puissance et en subtilité.

Boulettes de gambas et cochon  © R. LafargePour renouveler chaque jour sa carte (trois entrées, trois plats et trois desserts), Hamid Miss s’appuie sur des produits et des fournisseurs choisis, d’ici (pain de chez Cadenet, poissons de chez Bellocq, fromages de chez Deux Chavanne) ou d’ailleurs (beurres de la maison Bordier, cafés de L’Arbre à Café ou le cacao du non moins célèbre Claudio Corallo). N’oublions pas les épices (en provenance de son Maroc natal) qui participent pleinement à sa cuisine. En outre, il faut saluer la carte des vins qui affiche 130 références ayant le bon goût de rassembler la plupart des meilleurs vignerons «nature» de France et de Navarre avec des raretés (Domaine Prieuré Roch ou Domaine Chassorney en Bourgogne) à prix sages (Chinon de Lenoir à 27€). C’est un jeune sommelier japonais, Toshiyuki (dix ans dans des étoilés de Tokyo et d’ailleurs), qui pilote la carte et qui promet prochainement une sélection de sakés.

Toujours dans les projets à court terme, Hamid et Typhaine vont mettre en place des petits déjeuners, un brunch (premier dimanche du mois), des formules tapas à l’apéro (extraordinaires, à découvrir dans une dizaine de jours) à consommer au bar, une carte de cocktails avec ou sans alcool. Bref, de quoi transformer La Pente Douce en lieu de vie et de rendez-vous. On a hâte de voir cela tant le chef, privilégiant une cuisine de l’instinct et du moment, possède un lieu assez exceptionnel, idéal pour laisser parler son inspiration. «C’est le produit qui commande», dit-il. A vous de commander maintenant.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

 La Pente Douce – 6, rue de la Concorde. Ouvert à déjeuner du mardi au samedi, à dîner du jeudi au samedi.
Tél : 05 61 46 16 91. 

Réservation conseillée.

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