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A bout de souffle

25 Jan Publié par dans Cinéma | Commentaires

L’Amour est un crime parfait des frères Larrieu est un faux thriller aussi prétentieux que grotesque.

Professeur de littérature à l’université de Lausanne, Richard (Mathieu Amalric) ne se prive pas de séduire ses étudiantes comme la jolie Barbara qu’il emmène une nuit dans le chalet où il vit avec sa sœur Marianne (Karin Viard). Au petit matin, la jeune fille semble inerte. On ne la reverra pas. Le professeur rencontre alors Anna (Maïwenn), la belle-mère de Barbara, avec laquelle il va avoir une aventure tandis qu’une autre étudiante, Annie (Sara Forestier), le harcèle pour coucher avec lui. Par ailleurs, un policier enquête sur la disparition de Barbara et Richard (Denis Podalydès), le supérieur de Richard, l’avertit que ses talents de séducteur pourraient lui coûter son poste… Six ans après Les Derniers jours du monde (adaptation d’un roman de Dominique Noguez), les réalisateurs de Peindre ou faire l’amour (2005) ou Un homme, un vrai (2003) reviennent avec ce suspense criminel lorgnant du côté de Chabrol et de son maître Hitchcock. Evidemment, en moins bien. Beaucoup moins bien.

L’Amour est un crime parfait

Grotesque

Au-delà des invraisemblances scénaristiques, des dialogues irréels («Je ne veux pas vous inonder d’espoir…») ou triviaux, du jeu en apesanteur des acteurs, ce film de genre snobant le genre exaspère par sa prétention et ses fausses audaces à l’instar du personnage de la sœur possessive et incestueuse. Au passage, les frères Larrieu se moquent de la narration hollywoodienne et des séries US (ils feraient mieux de s’en inspirer), se drapent dans la haute culture européenne (références à Homère, à Bunuel, Breton…) tout en adaptant un roman du médiocre Philippe Djian dont la marque de fabrique (on n’ose dire le style) consiste à singer maladroitement les auteurs américains.

S’enfonçant doucement dans le grotesque et le burlesque involontaire (il faut voir la mine de Mathieu Amalric surprenant Karin Viard se rasant le pubis !), L’Amour est un crime parfait pourra cependant donner envie à certains de travailler à l’université de Lausanne : les étudiantes sont des bombes atomiques, le chef de Mathieu Amalric habite dans une villa de milliardaire… Bref, des faux raccords dignes d’une série Z à la fin ridicule, tout cela est terriblement emblématique d’un cinéma français dit «d’auteur» à bout de souffle. Vite, une nouvelle vague !

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

L’Amour est un crime parfait de Arnaud et Jean-Marie Larrieu avec Mathieu Amalric, Karin Viard, Maïwenn, Sara Forestier.
Durée : 1h51.

 

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