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Bach attitudes

24 Jan Publié par dans Danse | Commentaires

Au Casino-Théâtre de Toulouse, le Ballet du Capitole présente un programme intitulé «Bach suites» dont le fil rouge est la musique de Jean-Sébastien Bach interprétée par l’Orchestre de chambre de Toulouse.

Répétition du Ballet du Capitole © David Herrero

Lors du programme «Bach Suites», présenté au Casino-Théâtre de Toulouse, le Ballet du Capitole dansera trois pièces chorégraphiées sur des musiques de Jean-Sébastien Bach. L’Orchestre de chambre de Toulouse sera dirigé par le violoncelliste Christophe Coin. Directeur de la danse au Théâtre du Capitole, Kader Belarbi créé « Bach suite 3 ». Inspirée des solos de Francine Lancelot imaginés pour Rudolf Noureev en 1984 (Bach suite) et pour lui-même dix ans plus tard (Bach suite 2), cette pièce est dansée sur la Suite n°3 pour violoncelle.

Kader Belarbi explique : «Cette création demande finesse et subtilité. Il faut trouver une justesse de ton pour chaque danse comme pour l’ensemble, leur donner une évidence à la fois individuelle et collective puisqu’il s’agit cette fois-ci d’une nouvelle écriture chorégraphique à concevoir pour deux couples. Pour cette nouvelle création de « Bach suite 3 », je souhaite jouer entre le désir de rester fidèle à un propos de mémoire et l’inspiration dans l’échange avec les danseurs. En même temps, il faut se permettre de dépasser la dimension très codée de la danse baroque pour animer l’ensemble et lui donner une tournure vivante. Je m’amuserai sans doute à faire quelques citations directes et indirectes. Enfin, soigner les transitions entre les danses me semble capital pour alterner d’une « humeur » à l’autre, en permettant des respirations qui préservent le rythme général de la pièce», termine le chorégraphe.

Créé par le Ballet national de Hollande en 2000, sur le premier concerto pour clavecin de Bach, « A million kisses to my skin » entrera au répertoire du Ballet du Capitole. Cette chorégraphie de l’Anglais David Dawson détourne les codes du ballet classique en s’appropriant la musicalité à la Balanchine, et la prouesse technique, l’asymétrie et les déséquilibres à la Forsythe. Ce ballet aérien assume pleinement le plaisir ressenti par les danseurs évoluant sur scène.

Créé également à Amsterdam par le Ballet national de Hollande, en 1989, « Groosland »(photo) de Maguy Marin entre aujourd’hui au répertoire du Ballet du Capitole. Comme pour la « Cendrillon » créée pour le Ballet de l’Opéra de Lyon et présentée récemment à Odyssud, les costumes ont été conçus par Montserrat Casanova. Affublés de combinaisons rembourrées déformant les corps, tous les danseurs de « Groosland » interprètent des êtres corpulents. Dix hommes et dix femmes à la silhouette dérangeante évoluent sur les Concertos Brandebourgeois.

Maguy Marin raconte : «La question du corps des danseurs, la façon dont on présente le corps aujourd’hui est quelque chose qui m’affecte et qui me tarabuste. J’ai voulu montrer que des personnes en surpoids pouvaient aussi danser et se mouvoir avec légèreté, élégance. La danse, pour moi, n’est pas tant liée à un profil corporel esthétique qu’à la maîtrise d’une technique, qu’à une science du rythme, des mouvements, de l’espace… Or, il faut bien réaliser que nous sommes dans une société au regard formaté qui empêche certains corps d’être dansants. Heureusement, la danse contemporaine a ouvert les portes à d’autres corps que ceux réservés à la danse classique, même si, étant moi-même de formation classique – j’ai commencé ma carrière de danseuse au Ballet de l’Opéra de Strasbourg -, j’ai beaucoup d’affection pour la danse et les danseurs classiques. Cependant, mon travail d’artiste contemporaine m’amène à questionner cette vision d’un corps qui n’est pas un corps quotidien, d’un corps qu’on ne voit pas souvent dans la rue. Donc, non, ce n’est pas de la provocation. Pour Groosland, c’est vraiment la musique de Bach qui m’a donné envie de créer cette pièce avec des corps rebondissants, lourds et légers en même temps. Cette musique de Bach, en l’occurrence les 2e et 3e Concertos Brandebourgeois, est pour moi comme une célébration», affirme la chorégraphe dans un entretien réalisé par le Théâtre du Capitole.

Jérôme Gac

«Bach suites», du 30 janvier au 2 février, au Casino-Théâtre, 18, chemin de la Loge, île du Ramier, Toulouse. Tél. 05 61 33 37 77 / 05 61 63 13 13.

Rencontre :
«Carnet de danse», samedi 25 janvier, 18h00, au Théâtre du Capitole, place du Capitole, Toulouse (entrée libre).


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Répétition du Ballet du Capitole © David Herrero

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