Close

Et le porno devint industrie

18 Jan Publié par dans Cinéma | Commentaires

Lovelace retrace maladroitement la carrière de l’une des premières stars du cinéma pornographique.

Lovelace

Un peu d’Histoire pour la jeunesse : en 1972, quelques mois après la sortie de Derrière la porte verte d’Artie Mitchell déboule sur les écrans américains Gorge Profonde de Gérard Damiano, film pornographique qui décroche à son tour un énorme succès public à travers le monde. Le porno quitte la marginalité pour devenir un phénomène de société et bientôt une industrie. On découvre les «talents» d’une jeune femme d’une vingtaine d’années : Linda Lovelace (Boreman de son vrai nom).

Plus tard, l’actrice publiera son autobiographie dans laquelle elle dénonce les viols et les violences que lui aurait fait subir son mari Chuck Traynor qui la prostitua avant de la pousser à jouer dans le film. D’égérie du porno, Linda Lovelace se transforma en militante anti-pornographie et disparut dans un accident de voiture en 2002. Des quelques 160 millions de dollars que rapporta Gorge Profonde, elle ne vit rien…

Mauvais téléfilm

LovelaceIl y avait dans ce destin et dans la naissance du cinéma pornographique une matière extraordinaire (il suffit de se souvenir de l’excellent Boogie Nights de Paul Thomas Anderson), mais hélas Rob Epstein et Jeffrey Friedman n’en tirent rien. Militants homosexuels, réalisateurs de documentaires et d’un film de fiction autour d’Allen Ginsberg (Howl avec James Franco), ils ne réussissent jamais à faire autre chose de Lovelace qu’une suite de saynètes sans intérêt et baignant dans le pathos.

Abusant d’ellipses, le film retrace à grands traits quelques épisodes métamorphosant une jeune fille prude de Floride en icône de la révolution sexuelle puis en croisée ferraillant contre la pornographie. De la musique soul, des chemises colorées et des rouflaquettes sont censées reconstituer les années soixante-dix. Dans le rôle de l’horrible mari, Peter Sarsgaard en fait des tonnes tandis que l’on s’étonne de retrouver Sharon Stone, Robert Patrick, Juno Temple ou James Franco dans ce nanar dont la réalisation est digne d’un mauvais téléfilm. Quant à l’héroïne, elle est interprétée par Amanda Seyfried vue notamment dans Mamma Mia!Le Chaperon rouge ou Les Misérables et qui ne cesse de montrer ses yeux rougis. La honte peut-être ?

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

Lovelace de Rob Epstein et Jeffrey Friedman avec Amanda Seyfried, Peter Sarsgaard, Sharon Stone. Durée : 1h33.

Partager : Facebook Twitter Email

 


Christian Authier Plus d'articles de