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Darc toujours vivant

19 Oct Publié par dans Musique | Commentaires

Le chanteur, disparu en février dernier à l’âge de 53 ans, revient avec un album posthume, le magnifique Chapelle Sixteen.

Daniel Darc - Chapelle Sixteen

Depuis sa renaissance artistique au milieu des années 2000, l’ancien chanteur du mythique groupe Taxi Girl n’était plus seulement un artiste culte et maudit, mais avait gagné un nouveau public. Au moment de sa mort, Darc finalisait un album en compagnie du musicien et compositeur Laurent Marimbert, déjà aux manettes de La Taille de mon âme (2011). Chapelle Sixteen est sorti le 30 septembre sous la forme de deux CD, le premier composé de onze chansons (et quatre interludes), le deuxième de douze titres inachevés (deux interludes).

Si les morceaux rock ouvrant l’album (Les 3 singes, Une place au paradisSweet Sixteen…) ne convainquent guère, d’autres climats (soul seventies avec Un peu de sang ou La dernière fois) s’invitent heureusement tandis que Chapelle Sixteen délivre ses plus beaux éclats à travers des ballades, magnifiées par des arrangements épurés, qui serrent le cœur (Des idiots comme moiPériode bleueIta Bella). La voix est, comme souvent au bord de la fausseté, mais le timbre si particulier de Daniel Darc demeure fascinant quand il chuchote, parle et, bien sûr, chante.

Les textes sont imprégnés de spiritualité, ce qui ne surprendra pas chez celui qui, né dans une famille juive, se convertit au protestantisme. Il est question de péché et de rédemption, de drogue et de prison, de prière et de cieux, de soirées de chagrin et d’espérance. Curieusement, le CD rassemblant les «chutes» et les chansons inachevées est encore plus impressionnant à l’image du sublime Combien de battements, du paradoxalement primesautier Le temps des larmes ou le très jazz Quand la ville dort. Les reprises de grands classiques – La folle complainte de Trenet («la plus belle chanson de tous les temps» dixit Darc), La complainte de la butte de Cora Vaucaire) sont formidables. Le dernier titre, C’est quoi l’amour, deux minutes dix-sept secondes d’une déchirante beauté, tutoie les anges, s’ouvre avec une voix d’enfant et s’achève ainsi : «Une ombre surgit, protège mes yeux d’une brûlante larme.»  Daniel Darc a rejoint la Maison du Père. Avant, il nous a offert son chef-d’œuvre.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

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