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Apocalypse Now

17 Oct Publié par dans Cinéma | Commentaires

Dans C’est la fin d’Evan Goldberg et Seth Rogen, une bande d’acteurs américains réunis pour une fête chez James Franco doit faire face à l’Apocalypse. Totalement jubilatoire.

C'est la fin

Seth Rogen accueille le temps d’un week-end son vieil ami Jay Baruchel dans sa villa de Los Angeles. Après avoir fumé de l’herbe, passé du temps devant la console vidéo et autres gamineries, Rogen persuade Baruchel, plutôt rétif, de l’accompagner à une soirée donnée par James Franco. Là-bas, les deux amis retrouvent parmi la centaine d’invités d’autres acteurs comiques de leur génération avec lesquels ils ont souvent tourné : Graig Robinson, Jonah Hill, Michael Cera, Jason Segel, mais aussi Rihanna ou Emma Watson. Dans la somptueuse demeure de l’interprète de 127 heures, la fête bat son plein : alcool et drogues à tous les étages.

Mal à l’aise parmi ce groupe, Jay Baruchel prétexte l’achat d’un paquet de cigarettes pour s’éclipser, mais à l’épicerie où Rogen l’a rejoint, des êtres humains sont aspirés par un rayon bleu vers des vaisseaux spatiaux tandis qu’à l’extérieur explosions, tremblements de terre et cratères dévastent Los Angeles. Chez James Franco, la fête se poursuit jusqu’à ce que l’évidence s’impose : c’est l’Apocalypse. Six survivants – Rogen, Baruchel, Franco, Robinson, Hill et Danny Mc Bride (qui s’était invité et endormi dans une salle de bains) – s’enferment dans la villa…

Génération Apatow

C’est la fin était l’un des films les plus attendus de la rentrée cinématographique. D’abord parce qu’il s’agit de la première réalisation du tandem Evan Goldberg / Seth Rogen (déjà auteurs des scénarios de Super Grave de Gregg Mottola, Délire Express de David Gordon Green etThe Green Hornet de Michel Gondry). Ensuite, ce nouveau scénario avait l’originalité de mettre en scène les comédiens dans leurs propres rôles. Le résultat est à la hauteur des espérances : voici une œuvre hybride où l’on croise une mise en abyme drolatique, une satire d’Hollywood, un pastiche de films de genre et un hommage à une génération de comédiens.

Seth Rogen et Evan Goldberg

Ces jeunes trentenaires ont fait leurs débuts en 1999 avec la série culteFreaks & Geeks de Paul Feig et du producteur / scénariste / réalisateur Judd Apatow (qui a révolutionné la comédie US) puis avec Undeclaredencore de l’incontournable Apatow qui les retrouvera dans nombre de projets communs : 40 ans, toujours puceauEn cloque, mode d’emploi,Super GraveDélire ExpressFunny People… S’il est évidemment préférable d’être un familier de l’univers de ces comédies aussi régressives que jubilatoires sondant les reins, voire le cerveau, du mâle occidental, pour apprécier pleinement C’est la fin ; le film échappe à l’exercice de style autoréférencé et à la célébration narcissique.

Les portes du paradis

Car au-delà du spectacle et de la pure comédie, les acteurs se livrent à un réjouissant jeu de massacre du culte de la célébrité et de l’argent qui régit l’industrie du cinéma. Les «beautiful people» que nous montre C’est la finsont des individus immatures, egocentriques, vils, dépravés, vulgaires, lâches, bêtes… Il faut, en général, être très intelligent et subtil pour interpréter des abrutis intégraux. Rogen, Franco, Baruchel, Hill ou McBride – pour ne citer qu’eux – sont de ceux-là. Ne s’épargnant jamais (voir par exemple les allusions à l’homosexualité supposée de James Franco ou à son œuvre de peintre), les acteurs signent des numéros énormes. Jamais l’Apocalypse n’avait été aussi drôle au cinéma.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

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