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Une Cage aux folles version trash

22 Sep Publié par dans Cinéma | Commentaires

« Ma vie avec Liberace » un film de Steven Soderbergh

Ma vie avec Liberace Qu’est-il passé par la tête de ce génial cinéaste américain pour nous livrer un pareil opus ? Lui dont on connaît la virtuosité en toutes choses signe ici un biopic totalement accablant de platitude et d’inutilité. Le biopic concerne Lee Liberace, un pianiste de variété dont la carrière fut essentiellement nord-américaine et qui mourut du sida en 1987, à l’âge de 68 ans. Show man habile, il fut rapidement sous les feux de la télévision grâce à ses costumes tout de paillettes, pierreries et fourrures, sa Rolls en métal argenté dans laquelle il faisait ses apparitions sur scène à las Vegas ou ailleurs, ses pianos et son célèbre candélabre qui ne le quittait pas. Redoutable homme d’affaire, il laisse à sa mort une fortune évaluée à plus de 100 millions $. Tout cela justifie-t-il un biopic ? Non, assurément et l’on sent bien rapidement que le scénario  tourne ici à vide, ne comblant les trous que par des redites surprenantes chez ce réalisateur. A ce titre, les deux séances de jacuzzi et une de bain moussant laissent le spectateur interrogatif devant une pareille béance. Le film se concentre sur les dernières années de la vie de cet artiste, celles où il vécut avec Scott Thorson, auteur du livre dont le présent film s’inspire. Le problème de Liberace était de cacher aux médias son homosexualité à une époque où un fait pareil aurait été rédhibitoire pour sa carrière. Soderbergh plonge dans ce thème avec frénésie. Peu de choses, dites ou montrées, ne nous sont épargnées dans la relation torride entre Lee et Scott. Aussi faut-il saluer les performances de Michael Douglas, Lee pathétique, et Matt Damon, Scott perdu dans un monde où ne comptait que son physique, un monde dans lequel l’horloge biologique tourne plus vite que partout ailleurs. Résultat, jugé trop gay (un doux euphémisme), le film sera produit par une chaîne de télévision (HBO) et ne trouvera pas de distributeurs aux Etats Unis. Sur le thème, on peut discuter, sur le produit fini, on peut les comprendre.

Robert Pénavayre

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