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Extension du domaine du possible

04 Juil Publié par dans Gastronomie | Commentaires

Une nouvelle adresse dédiée à la «restauration autour du vin» vient d’ouvrir. Son nom, Le Comptoir des Possibles, résonne comme une invitation et une promesse.

Comptoir des Possibles1

Alors que la rue Pargaminières commence à se délester lentement de son allure de ville en guerre due aux travaux de piétonisation, l’artère attire de nouvelles enseignes laissant espérer qu’elle adopte prochainement un visage plus aimable. Si les désormais célèbres libations juvéniles de masse de la Place Saint-Pierre nécessitent sans doute profusion de kebabs et de sandwicheries pour éponger les estomacs des buveurs, il n’est pas interdit de proposer d’autres services dans cette rue. Voici quelques mois, le télégénique Simon Carlier (vu à Masterchef) ouvrait un restaurant de poche, Solides, séduisant les gastronomes par sa cuisine assise en toute simplicité sur la qualité des produits et la finesse de l’exécution. Voici à peine quelques semaines, une autre échoppe, située non loin de Solides, attirait l’œil par sa fraîche devanture annonçant des vins bios et naturels : Le comptoir des Possibles.

Nous ne referons pas ici l’historique de la diffusion dans la ville rose de ces jus de raisin fermenté tournant le dos à la production industrielle, l’œnologie moderne et la chimie, mais les cavistes pionniers (Le Tire Bouchon, Vinéa, Le Temps des Vendanges) et d’autres (La Cave spirituelle, Le Volcan…) ont éduqué bien des palais tandis que des restaurants (Le Nez Rouge, Les P’tits Fayots…) prolongeaient cet attachement à des vins francs, joyeux, singuliers ayant abandonné les additifs au profit de l’expression d’un terroir, d’un cépage et de la sensibilité d’un vigneron. Il est finalement «naturel» que de nouvelles générations prennent le relais, comme François-Xavier d’Arras et Margaux Menet de Lacrima Vini, cavistes à Saint-Cyprien depuis octobre 2012, ou ce Comptoir des Possibles proposant une «restauration autour du vin».

A boire et à manger

Le Comptoir des PossiblesLes maîtres des lieux, Charles et Anne-Claire Cardeau, auxquels on ne donnerait pas vingt-cinq ans, ont achevé leurs études à Toulouse (respectivement commerce et psychologie) avant de se lancer dans cette aventure. Charles – qui évoquera aux plus jeunes le Justin Bieber des débuts ou bien «Le temps des jeunes gens», célébré par Aragon avec leur «mèche toujours retombant dans les yeux», aux plus anciens – a découvert le vin à l’instar de beaucoup de sa date. Sur Internet via des blogs comme le cultissime «Bu sur le web» d’Aurélia Fillon, par des films documentaires (MondovinoLa Clef des terroirs) ou l’incontournable manga Les Gouttes de Dieu. Avant cela, il y eut un père féru d’AOC qui donna envie au rejeton de se pencher sur la géographie vini-viticole que recouvraient ces appellations.

L’apprentissage s’est fait de manière empirique à travers des cours de dégustation, la fréquentation de cavistes ou de visites chez des vignerons, mais le penchant pour des vins produits en biodynamie épousait autant une conception plus large de l’agro-écologie, visant à revenir à une «tradition d’avant les années chimiques», qu’un simple constat : «Après avoir goûté ces vins, on ne peut plus boire autre chose…». En résulte aujourd’hui Le Comptoir des Possibles où l’on peut boire au verre ou ouvrir une bouteille tout en s’attablant. La carte, appelée à se renouveler et à s’étoffer, comprend entre autres des vins des domaines d’Aupilhac, Rimbert ou Borie la Vitarèle en Languedoc; de La Grange aux Belles, des Sablonnettes ou de la Taille aux Loups en Loire ; du Château La Grolet à Bordeaux ; du domaine Bois Moisset à Gaillac; de Marcel Richaud ou de Matthieu Dumarcher en Côtes-du-Rhône ; du domaine du Clos du Maynes en Bourgogne…

Côté solide, Anne-Claire confectionne tartinades, verrines, tapenades, mousses ou panacotta à base de produits frais (betterave, saumon…), salades, assiettes de charcuteries ou de fromages provenant d’artisans locaux… A partir de quinze heures (une sélection de thés venant de Saveurs & Harmonie est également proposée) jusqu’à minuit, il y a de quoi satisfaire petites faims comme de se tourner vers des repas plus consistants (entrée/planche/ dessert ou entrée/salade/dessert entre 19 et 22€) dans un cadre qui a des airs de maison de poupée (deux tables et un petit comptoir, une quinzaine de places en sous-sol) joliment tenue. A découvrir et à suivre.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

Le Comptoir des Possibles – 65, rue Pargaminières 31000 Toulouse. Tél. : 05 62 89 93 68.
Ouvert du mardi au samedi.

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