Close

Super crétin

26 Juin Publié par dans Cinéma

Man of Steel de Zack Snyder, énième mouture des aventures de Superman, repousse les frontières du ridicule. Etonnant.

Décidément, Zack Snyder – cinéaste au confluent du film d’animation, du jeu vidéo et du comics – est capable de tout : du nul (300) à l’excellent (The Watchmen) en passant par le ratage ponctué de trouvailles (Sucker Punch). Avec Man of Steel, il repousse les limites du nanar pyrotechnique à base de super-héros. Pour cela, il a été épaulé par Christopher Nolan (producteur et qui a collaboré au scénario) dont on reconnaît ici la balourdise et la prétention. Cependant, au regard de cet énième retour de Superman, la trilogie Batman signée Nolan ressemble à un chef-d’œuvre de subtilité.

Si les aventures de Spider-Man par Sam Raimi ou d’Iron Man par Jon Favreau et Shane Black réussissaient à dépasser les conventions du blockbuster par des touches d’humour, de désenchantement ou de noirceur, Man of Steel frappe d’emblée par ses semelles de plomb et sa grandiloquence. Par ailleurs, ce n’est évidemment pas la panoplie propre à ce genre de productions (effets spéciaux, explosions, bande-son assourdissante…) qui surprend, mais d’abord l’extrême laideur du long prologue se déroulant sur la planète Krypton. On n’avait rien vu d’aussi moche et kitsch depuis très longtemps dans l’imagerie de science-fiction tandis que le film ne se départit jamais d’un esprit de sérieux et d’une solennité martiale virant au ridicule.

Comique involontaire

Dès lors, Man of Steel distille des effets comiques involontaires au gré de scènes ridicules, de dialogues ineptes, d’une esthétique évoquant la rencontre entreTransformers et le Muppet’s Show. Evidemment, dans ce type de naufrage, les acteurs sont en première ligne et tombent au front. La trouvaille des concepteurs de cette daube est d’avoir déniché l’inexpressif Henry Cavill (Les Tudors) pour le rôle principal. Il aurait été parfait dans un clip des Village People, mais là, il est juste grotesque.

Man of steel - Michael Shannon

A ses côtés, Amy Adams (Lois Lane) promène son charisme de quiche tandis que Michael Shannon campe évidemment l’affreux général Zod en roulant des yeux et en serrant les mâchoires. La «Shannon’s touch»… Et Russell Crowe, comment a-t-il pu garder son sérieux dans les scènes où il apparaît ? Les curieux guetteront le bêtisier dans les bonus du DVD. Etait-il nécessaire d’embringuer les pauvres Kevin Costner, Diane Lane (parents terrestres de Superman) et Laurence Fishburne là-dedans ? Bien sûr, si le succès est au rendez-vous, des suites sont à craindre. Nous voilà bien.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

 

Partager : Facebook Twitter Email

 

Les Commentaires sont fermés

Christian Authier Plus d'articles de