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Aimable parenthèse

25 Juin Publié par dans Cinéma | 1 commentaire

« Les beaux jours », un film de Marion Vernoux

Les Beaux joursLes affaires d’amours clandestines semblent fort préoccuper cette réalisatrice, absente du grand écran depuis une dizaine d’années. C’est en effet à nouveau sur ce thème qu’elle  nous revient avec ce dernier opus dans lequel Caroline, une jeune retraitée, va tomber dans les rets de Julien, un beau brun ténébreux de trentenaire. Le coup de foudre se passe dans un club de retraités baptisé « Les beaux jours ». En fait, l’inscription dans ledit club est le cadeau des filles de Caroline à leur mère. Autant dire que les rejetonnes en question connaissent bien mal leur maman car celle-ci est aussi à l’aise dans ce lieu qu’un poisson sur de la paille. Sauf qu’en cours d’informatique, l’animateur, Julien, est plutôt craquant. Ce qui va aiguiser l’appétit de Caroline pour la discipline. Voire plus. Avec une aisance confondante, Caroline plante son mari Philippe et part vivre une liaison torride, à peine dissimulée. Cette histoire de « cougar » est plus que mode aujourd’hui, pour le moins tendance et tout sauf originale.  Un peu à l’image de ce film tourné dans les décors que l’on peut trouver fascinants (?) des plages de la Mer du Nord. Le problème est que l’on  ne croit pas une seconde à ce coup de foudre, à cette soi-disant parenthèse enchantée un rien laborieuse. Le film se veut optimiste, car il montre une femme d’âge mûr vivant de palpitants moments sexuels alors qu’elle avait fait depuis longtemps la croix sur le sujet, alors qu’il est épouvantablement triste car, in fine, elle plonge ensuite encore plus profond dans sa condition « ante ». Triste ? A voir car en fait, elle avait à sa portée un bonheur qu’elle ne voyait pas. Mais ce n’est pas forcément là le sujet du film. Dommage ! Deux comédiens portent cette comédie, si ce n’est par leur talent, du moins à bout de bras : Fanny Ardant, Caroline dont le jeu à l’écran semble à présent d’un autre âge tant il est ampoulé, monolithique et grandiloquent, et Laurent Lafitte, Julien un rien plus convaincant sans convaincre totalement. Heureusement, Philippe est interprété par Patrick Chesnais. Son rôle est clairement secondaire mais dès qu’il apparaît il se passe quelque chose. Le talent, c’est ça.

Robert Pénavayre

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Un commentaire

  • dewoitine dit :

    Pas tout à fait d’accord avec votre critique. Pour commencer, un point important, c’est un joli film, bien tourné : de belles images, un sens de la caméra intelligent et une jolie ambiance musicale.
    Ensuite ce n’est pas Caroline qui tombe sous le charme du jeune homme, c’est lui qui la cueille par surprise, différence importante qui me fait dire que nous ne sommes pas dans un sujet sur les « cougars ». Elle n’a pas cherché qui que ce soit… elle était là dans cet endroit où elle n’était pas à sa place et ce déséquilibre a été remarqué par ce jeune homme. Le style Fanny Ardant que vous trouvé ampoulé m’a semblé à moi bien plus sobre qu’il y a quelques années… mais Fanny Ardant reste Fanny Ardant et soit on aime, soit on déteste. Patrick Chesnay est excellent comme souvent et la révélation de ce film est Laurent Lafitte, que j’ai trouvé très juste, un rien animal. Le tout m’a fait passer un très beau moment de cinéma… et dernier point, le charme des plages du Nord ne sont ps fascinantes certes, la proximité des industries en fait des pseudos décors contemporains mais la lumière y est particulière… à l’image de cette femme à ce moment de sa vie.


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