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Rameau et Mondonville font leur cour

27 Mar Publié par dans Musique classique | Commentaires

Depuis quelques années, le chœur du Capitole se plaît à élargir une fois par an son univers musical vers de plus hautes époques. C’est ainsi qu’après de mémorables Vêpres de la Vierge de Monteverdi puis un office imaginaire de couronnement d’un doge à Venise, autour de Gabrieli avec les Sacqueboutiers de Toulouse, il s’est  confronté aux grands motets de Rameau et Mondonville avec l’orchestre montalbanais Les Passions.

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Plus habitué à Rossini, Verdi ou Wagner, le chœur lyrique a effectué un important travail de prosodie, de dynamique et de diction pour la prononciation du latin à la française sous la direction attentive de Jean-Marc Andrieu.

À la chapelle de Versailles, les grands motets étaient des pièces de faste et d’apparat qui chantaient autant sinon plus la gloire du souverain que celle de Dieu. Ils avaient plus la faveur de Louis XIV qui les préférait aux messes avec symphonie.

Jean-Philippe Rameau n’a composé que trois motets, mais ce sont des chefs-d’œuvre du genre, d’une complexité harmonique certaine, à commencer par Quam dilecta, d’une grande exigence où l’engagement des musiciens fait merveille avec un bel équilibre entre instruments et voix. La soprano Stéphanie Révidat impose éloquence, conviction et perfection du style qui s’accorde parfaitement à la sensibilité du haute-contre Vincent Lièvre-Picard, d’une grande délicatesse. La basse Alain Buet équilibre le trio, tandis que la soprano Sarah Szlakmann et le ténor Alain Chilemme sortent du chœur pour rejoindre les solistes.

L’écriture du De Profundis de Mondonville opère une synthèse entre les courants français, italien et allemand. Par son chœur monumental d’ouverture, l’œuvre connut un immense succès tout au long du XVIIIe siècle.

Le motet de Rameau In Convertendo sur le psaume 125 est un chef-d’œuvre d’équilibre, dont la complexité du dernier chœur évoque une construction digne d’un Bach. Le beau dialogue du dessus et du chœur Laudate nomen Dei cum cantico, issu du psaume 68, fait penser par sa légèreté à certains moments du charmant Allegro, il penseroso ed il moderato d’un certain Georg Freidrich Hændel.

Outre le beau travail du chœur qui ose se frotter à ce répertoire à l’idiome particulier, l’adéquation de l’ensemble doit beaucoup à la direction attentive, précise et toute de souplesse de Jean-Marc Andrieu. Une soirée mémorable qui démontre que la musique est avant tout rencontre et partage.

Alain Huc de Vaubert

Pour lire cet article dans son intégralité, prière de se reporter au site ResMusica.com

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