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Les P’tits Fayots : pari réussi

06 Mar Publié par dans Gastronomie | Commentaires

Ce restaurant de poche à deux pas du Capitole s’est imposé en quelques mois comme l’une tables hautement fréquentables de la ville.

Que demande-t-on à un restaurant ? Une personnalité, un cadre, une ambiance, une cuisine bien sûr. Un ensemble de choses qui donnent envie de revenir. L’alchimie est délicate. Quand c’est réussi, cela tient presque du miracle. En ouvrant à la fin septembre rue de l’Esquile (entre la rue du Taur et la rue des Lois) Les P’tits Fayots, Aziz Mokthari et Vincent Ténès tentaient un pari : celui d’attirer dans leur restaurant de poche niché dans ce quartier où abondent kebabs, crêperies, sandwicheries, fast-food, brasseries, cafés et même restaurants, des clients désireux de partager quelque chose sortant un peu de l’ordinaire.

Quelques mois plus tard, on peut dire que le pari est tenu. De récentes visites ont joliment confirmé les promesses entrevues à leurs débuts. Aziz Mokthari, qui officia au Nez Rouge, a affirmé et affiné sa cuisine dans un registre bistronomique qui, à force d’être revendiqué par n’importe qui, ne désigne plus grand-chose.

Pas de tromperie sur la marchandise

Aux P’tits Fayots, il n’y a pas tromperie sur la marchandise. On goûte des produits simples mais habilement et subtilement mis en forme, à l’image des lasagnes de céleri à la queue de bœuf totalement bluffantes dans la fusion d’une légère acidité et de l’onctuosité presque caramélisée. Toujours dans les entrées, un bouillon thaï (gambas, gingembre et herbes) côtoie un sablé mêlant parmesan, noisette, topinambour et haddock. Rayon plats : la côte de porc ibérique et sa purée au chorizo a ses adeptes tandis que le filet de tacaud accompagné de son tartare d’algues et de ses légumes wok avance sans coup férir. Dans les desserts, une recette de grand-mère, comme un clafoutis aux framboises, voisine avec un cheesecake aux speculoos.

Les formules déjeuner (14 € entrée / plat ; 19 € entrée / plat / dessert) se situent parmi les très bons rapports qualité / prix de la ville. Le soir, la carte (compter environ 40 € entrée / plat / dessert) permet d’aborder la singularité et le style d’Aziz Mokthari. En amuse-bouche, il vous fera peut-être déguster son épatante brandade de morue qui mériterait d’être plus souvent à l’honneur des menus ou de la carte (faites passer le mot). Quant aux vins, les flacons de Jean-Christophe Comor, Didier Barral, Thierry Puzelat ou de Philippe Jambon se serrent les coudes. Les références changent fréquemment, mais les amateurs auront reconnu quelques fleurons du vin naturel, registre dans lequel s’est inscrit Les P’tits Fayots en privilégiant les valeurs de sincérité et d’authenticité aux valeurs d’échange et de prestige chères aux buveurs d’étiquettes.

Le lieu n’offrant qu’une vingtaine de couverts et les habitués étant déjà nombreux, il est prudent de réserver.

Christian Authier
Un Article de l’Opinion Indépendante

 

Les P’tits Fayots – 8, rue de l’Esquile 31000 Toulouse. 
Tél : 05 61 23 20 71. Ouvert du mardi au samedi, midi et soir.

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