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Une histoire de hot-dog

28 Fév Publié par dans Cinéma | Commentaires

« Week end royal », un film de Roger Michell

Week-end RoyalJuin 1939. L’Angleterre s’apprête à entrer en guerre contre l’Allemagne. Auparavant, son roi, George VI, le plus célèbre bègue de l’Histoire, souhaite s’assurer du soutien des Etats Unis dans ce conflit. Pas d’autre solution que d’aller rendre visite au président Franklin D. Roosevelt. Ce sera la première visite officielle d’un monarque britannique sur le sol américain. Rendez-vous est donc pris pour un week end à la campagne, dans la propriété présidentielle, pour un pique-nique lors duquel ne serait servi que salade verte, hot-dogs et gâteau à la fraise. En consommant goulûment devant une meute de journalistes les fameux hot-dogs, l’appétit de Sa Royale Majesté devait montrer au peuple américain que les Britanniques ne les considéraient pas comme des sauvages. Cette histoire, réelle, pouvait donner lieu à un savoureux choc des cultures. Malheureusement, celui-ci n’est qu’ébauché. De même que nous aurions pu attendre des discussions pour le moins circonstanciées  sur le sujet principal de la visite. Encore une fois, celui-ci est totalement laissé de côté. Non, ce qui intéresse le réalisateur et le scénariste, à l’évidence, c’est la vie intime du Président. Ce dernier, infirme à la suite d’une attaque de polio, n’en contait pas moins fleurette, autant à sa secrétaire qu’à sa cousine. C’est justement cette dernière qui est l’héroïne de ce film, la dénommée Daisy, dont les journaux intimes sont à l’origine de ce film. Tout cela sous le regard impavide d’Eleanor Roosevelt dont le cœur battait fort pour une journaliste accréditée à la Maison Blanche. Certes, Roger Michell nous a fait agréablement sourire, voire charmé, en 1998, avec son Coup de foudre à Notting Hill, mais les mêmes recettes pour traiter la grande Histoire se révèlent meurtrières.  Le résultat est un film sans épaisseur aucune, inutile, vain, dans lequel seul émerge Bill Murray, incarnant paraît-il à la perfection cet homme pétri de gentillesse et de générosité que fut Roosevelt. Soit.

Robert Pénavayre

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