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El Ultimo Elvis

11 Fév Publié par dans Cinéma | 2 Commentaires

Je ne sais pas vous mais pour moi, Elvis Presley, ça ne représente pas grand – chose (et là, c’est le moment où je me fais plein de copains). J’y vois surtout un type qui sur la fin de vie faisait des concerts à Hawaï, balançait un foulard imbibé de sueur à des ménagères hystériques et aurait vendu sa mère pour un sandwich au beurre de cacahuètes (mais comment est – ce possible de s’arrêter à de pareils clichés ?? Espèce d’hérétique que je suis, il a inventé le rock n’ roll tout de même !!! … Surement. On va dire que j’assume mon ignorance crasse et mon imperméabilité au génie alors …). Mais pour le coup, je n’ai aucune espèce d’inhibition à aller voir un film argentin mettant en scène un quadragénaire ventripotent chantant quelques – uns de ses plus grands succès.

Je m’explique.

Carlos Gutierrez vit à Buenos Aires, est ouvrier dans une usine, a une vieille mère dans une maison de retraite, est père d’une petite fille qui vit avec son ex – femme, habite un appartement délabré et à l’air d’être le mec le plus seul de la planète.

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Sinon, il est aussi Elvis Presley. Et par là, je ne veux pas dire pas qu’il se prend pour lui, non non, il EST Elvis. Qu’il soit au boulot (avec en permanence son walkman vissé sur les oreilles distillant des sons de Memphis), dans sa voiture ou chez lui (où tournent en boucle des concerts du King), Carlos est Elvis (sa fille s’appelle Lisa Marie. Et son ex – femme Priscilla.). Un Elvis qui a perdu de sa superbe certes, mais un Elvis quand même.

Comme l’original, bien sûr il chante. Même s’il répète dans des endroits plus ou moins incongrus,

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il a son groupe et est inscrit dans une agence de sosie, ce qui lui permet de jouer dans les mariages, les casinos ou à l’occasion, d’animer le loto du quartier. La grande classe quoi.

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Si Carlos s’avère incroyable lorsqu’il monte sur scène, il est par contre un père déplorable dans la vie. Sa passion l’habitant tout entier, il a bien du mal à gérer le quotidien. Lorsque son ex femme a un accident de voiture, il doit prendre en charge sa fille et assumer son rôle de père. Quitte à devoir repousser le grand projet qui l’anime.

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Pour ce premier film du réalisateur Armando Bo (également scénariste du Biutiful d’Alejandro Gonzalez Inaritu, producteur ici), on embarque dans un étrange voyage. L’ambiance y est particulièrement nostalgique, les lieux semblent souvent abandonnés. J’ai adoré cette grande ville aux murs lépreux, ces décors impersonnels et en même temps si lointains (du moins de mon point de vue de petite européenne fantasmant sur une certaine idée de l’Amérique du Sud) et qui semblent avoir été figés dans le temps.

J’ai aimé me balader aux côtés de Carlos dans ses galas plus ou moins miteux, ses soirées avec les autres sosies (où un Iggy Pop dépressif fait part de ses états d’âme), ses virées dans sa grosse voiture américaine, ses journées de travail à la chaîne où la seule chose qui l’empêche de se jeter sous une des machines est le son qui berce ses oreilles, ses moments passés avec sa fille et sa femme (et ses tentatives bien maladroites à leur prouver son attachement).

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Ce Carlos qui n’en finit pas de trimbaler son spleen, d’être si mutique dans la vie quotidienne et si magique dès qu’il s’agit d’incarner Elvis, qu’on peine à voir s’accrocher de façon aussi pathétique à une chimère. Sacrée interprétation que celle de John McInerny (incroyable comme toute éventuelle réticence préalable s’évapore dès que cet homme pousse la chansonnette).

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Reste tout de même une légère réserve sur la fin du film (et un changement de lieu qui m’a arraché à mon mélancolique voyage, dommage). Je ne suis d’ailleurs pas tout à fait certaine d’avoir compris la finalité de l’histoire ou du moins d’être en accord avec celle décidée par le réalisateur.

Malgré ce différend, j’aurais quand même envie de vous dire d’aller voir ce film d’un autre hémisphère (tant sont rares les longs – métrages sud – américains qui parviennent jusqu’à nous) ne serait – ce que pour la certaine forme de dépaysement qu’il vous procurera.

En vous remerciant.

* : Je ne sais pas comment cela rend quand vous lisez ça, mais dans ma tête ça sonne grave Elvis.

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2 commentaires

  • anacreonte dit :

    Après un tel engouement et feeeling pour le film en question, vous vous devez de vous intéresser de plus près au vrai Elvis, écouter ses vinyls, je dis bien vinyls, et peut-être que vous saisirez mieux les scènes d’hystérie que le personnage a pu déclencher – retour aux années 50 puis 60, et 70 limite – Vous relirez alors vos premières lignes et vous vous mordrez les doigts de les avoir écrites!!!
    Mais, on veut bien vous amnistier par avance!

    P.S. Elvis n’a pas inventé le Rock n’ Roll!!

  • Pierrette Tchernio dit :

    Bonjour Anaecreonte,

    puisque ça m’est demandé si gentiment, je retenterais une incursion au royaume du King. Ceci dit, j’avais déjà tenté l’expérience et cela ne s’était pas révélé probant (il est parfois des questions de feeling qui ne s’explique pas, n’ayant d’ailleurs rien à voir avec les qualités musicales ou la créativité d’un musicien).

    Cependant, je vous sais gré de vous inquiéter du futur de mes phalanges, mais rassurez – vous, elles comme moi assumons totalement ce que nous écrivons.

    Cordialement.

    Pierrette


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