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Zéphyr viennois

03 Fév Publié par dans Musique classique | Commentaires

Le très bel ensemble à vent Zefiro est l’invité du prochain concert des Arts Renaissants au musée des Augustins. Cette formation originale, fondée en 1989 par Alfredo Bernardini (hautbois) et Paolo Grazzi (basson), est devenue un point de repère international parmi les plus importants dans le domaine du répertoire de musique de chambre des XVIIIe et XIXe siècles exécuté sur des instruments originaux. L’ensemble consacrera son programme aux deux plus grands compositeurs de cette période : Mozart et Beethoven.

L’ensemble d’instruments à vent Zefiro

Zefiro a participé à de nombreux festivals de prestige et a réalisé plusieurs tournées dans le monde en obtenant toujours le plus grand succès. Il a réalisé pour la télévision belge un documentaire sur Vivaldi et a enregistré à ce jour 16 albums CD dont plusieurs ont obtenu des prix prestigieux tels que le Grand Prix du Disque, le Diapason d’Or, le PrixNational Classic Voice, le Choc du Monde de la Musique 2007.

Zefiro est à la fois un ensemble de musique de chambre, un ensemble d’instruments à vent (« Harmonie ») et un orchestre baroque. Ses programmes, très variés, vont des concerts à 5 solistes de Vivaldi aux airs d’opéras de Haendel, des cantates de Bach aux Messes de Haydn, jusqu’à la musique pour instruments à vent de Mozart, Beethoven et Rossini.

Deux œuvres de Beethoven sont inscrites au programme du concert toulousain. L’Octuor à vents en mi bémol majeur opus 103 fait partie des dernières œuvres écrites par le compositeur à Bonn en 1792 avant son établissement à Vienne comme pianiste virtuose. Il ne fut publié chez Artaria qu’après sa mort, ce qui explique son numéro d’opus élevé. Il s’agit probablement de la première pièce que Ludwig van Beethoven a dédiée à un groupe d’instruments à vent. Le compositeur y pratique une utilisation audacieuse de tous les instruments de l’Harmonie, soulignant ainsi les traits expressifs de chacun, ce qui exacerbe les articulations et la dynamique et permet d’exploiter au maximum les caractéristiques tonales et les spécificités techniques des instruments de l’époque.

Le Rondino en mi bémol WoO 25 fut, à un moment, destiné au final de l’Octuor qui sera lui-même la matrice d’une œuvre plus aboutie, le Quintette à cordes opus 4, composé par Beethoven durant ses premières années à Vienne.

De Wolfgang Amadeus Mozart, deux partitions sont également au programme. La contribution du compositeur salzbourgeois au répertoire pour cuivres s’avère fondamentale. Mozart a conçu des divertissements et sérénades avec un savoir faire qui lui a permis de mettre en évidence les couleurs spécifiques des différentes paires d’instruments à vent. La sérénade K388/364a, datée de 1782, occupe une place particulière dans le répertoire pour octuor, tant pour le ton choisi (ut mineur au lieu de si bémol ou mi bémol majeur, les tonalités habituelles à l’époque pour les instruments à vent) que pour le caractère intime, d’une inspiration presque introvertie.

Le répertoire pour ensemble à vent en vogue à la fin du XVIIIe siècle consistait principalement en arrangements d’airs d’opéra, transcrits pour permettre aux nobles de les écouter dans l’intimité de leurs palais. L’arrangement des « Noces de Figaro » de Mozart, qui sera proposé lors de ce concert, est l’œuvre du hautboïste Johann Went de la « Königliche-Kaiserliche Harmonie ». La pratique de l’arrangement de la musique d’opéra pour ensemble d’Harmonie était si commun que Mozart lui-même en donne un exemple dans la scène du banquet de Don Giovanni.

Serge Chauzy
Une Chronique de Classic Toulouse

Mardi 05 février – Musée des Augustins
Les Arts Renaissants

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