Close

La symphonie prémonitoire

29 Jan Publié par dans Musique classique | Commentaires

L’Orchestre national du Capitole de Toulouse interprète la Sixième symphonie de Gustav Malher, à la Halle aux Grains, sous la direction de son directeur musical Tugan Sokhiev.

Tugan Sokhiev et l’ONCT © Patrice Nin


Tugan Sokhiev
avait dirigé la saison dernière l’Orchestre national du Capitole de Toulouse dans une interprétation de la Deuxième symphonie de Gustav Mahler. On les entendra cette fois interpréter à la Halle aux Grains la Sixième symphonie du compositeur autrichien, œuvre dense et universelle, riche de quatre mouvements. Qualifiée par celui-ci de «tragique», elle a été achevée en 1904, puis créée deux ans plus tard sous sa direction. À Vienne, il vivait alors en pleine gloire et menait une existence heureuse auprès de sa femme et de ses enfants. Gustav Mahler décrit pourtant dans cette œuvre prémonitoire la lutte, acharnée mais vaine, d’un homme contre la mort qui s’abat sur lui dans le très long finale ponctué de trois violents coups de marteau. Un combat indécis jusqu’aux derniers instants mais qui s’achève fatalement sous le poids du destin.

Alma Mahler, l’épouse du compositeur, évoquait en ces termes la genèse de cette symphonie: « Dans le dernier mouvement, il se décrit lui-même, c’est-à-dire sa décadence, ou (comme il le disait plus tard) celle de son héros. Le héros qui reçoit trois coups du destin dont le dernier l’abat comme un arbre ! Ce sont les propres paroles de Mahler. Aucune œuvre ne lui est sortie du cœur aussi directement que celle-là. Nous avons beaucoup pleuré. La Sixième, son œuvre la plus personnelle, est tout aussi prophétique. Lui aussi a reçu trois coups du destin, et le troisième l’a abattu. Mais il était alors tout joyeux, sûr de son œuvre qu’il voyait comme un arbre en pleine floraison.»

Dans l’année qui suivit la création de sa Sixième symphonie, le compositeur dût affronter la mort de sa fille âgée de quatre ans, sa démission contrainte de l’Opéra de Vienne dont il était le directeur artistique, et le diagnostic d’une maladie du cœur incurable.

Jérôme Gac

Vendredi 1er février, 20h00, à la Halle aux Grains, place Dupuy, Toulouse. Tél. 05 61 63 13 13.

Concert diffusé en direct sur medici.tv
(disponible gratuitement durant 45 jours).

Partager : Facebook Twitter Email

 


Jérôme Gac Plus d'articles de