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Le trois, le sept, et l’as de pique : tres, siete y as

30 Oct Publié par dans Opéra | Commentaires

La Dame de pique

Musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski
Livret de Modeste Tchaïkovski, d’après une nouvelle d’Alexandre Pouchkine

THEATRE DU LICEU DE BARCELONE

“ Quand le jeu détruit l’amour  ”, car La Dame de pique, c’est l’enfer du jeu, c’est celui, plus terrible encore, de l’âge qui emmure les souvenirs. L’opéra fut composé à Florence, en 44 jours, et créé au Théâtre Mraiinski de Saint-Petersbourg le 19 décembre 1890 où il triompha dès la Première.

Au sujet de cette œuvre inclassable, le compositeur considérait son opéra comme son chef-d’œuvre. Il me semble en effet que c’est son œuvre la plus puissante et la plus libre. Une vraie folie, comme il en existe peu dans le répertoire, porte cet opéra des les premières notes jusqu’à la course à l’abîme finale. En même temps, c’est un véritable hommage à ce XVIIIè qu’il aimait tant, même si Tchaïkovski ne s’embarrasse pas de reconstitution historique et jongle en virtuose avec les styles et les époques. Comme souvent chez lui, les conventions sont présentes, et même tenaces, et puis brisées avec éclat. Empruntant l’histoire à l’incontournable Pouchkine, Tchaïkovski, aidé de son frère Modeste, librettiste malgré lui, il la met aux mesures de son propre univers qui est justement celui de la démesure, dans une course effrénée des êtres et des destins, avec ces anachronismes parfaitement revendiqués. Le compositeur nous livre ainsi son Pouchkine, bien loin de l’original, et qui ne ressemble à aucun autre.

Tiré d’une nouvelle d’Alexandre Pouchkine, c’est l’opéra des passions romantiques. Nous sommes à Saint-Pétersbourg au XVIIIème siècle. Hermann, un jeune officier sans fortune est amoureux d’une jeune femme, Lisa, petite-fille d’une vieille comtesse qui a été autrefois une joueuse effrénée, impénitente au temps de sa splendeur et qu’on dit détentrice d’un secret pour gagner aux cartes, secret infaillible lié à trois cartes, rapporté de France. Le désir fou d’Hermann de le découvrir se confond avec son amour pour Lisa. Bien que fiancée au prince Eletzky, Lisa est elle aussi brûlante d’amour pour Hermann. Mais la passion du jeu, l’obsession du jeu vont détruire cet amour et briser trois vies. Sa quête vire à l’obsession. Incapable de soutirer son secret à la vieille comtesse qui meurt sous ses yeux, terrassée par la peur, Hermann abandonne Lisa, bientôt acculée au suicide. Repoussée violemment par celui qu’elle aime, elle se jette alors dans un canal à l’eau glacée, se rendant compte qu’hélas, l’officier dévoyé ne l’a aimée que pour se rapprocher de la vieille dame, momie murée dans son silence et dont elle avait la charge. L’illuminé à la passion froide retournera se perdre au jeu, persuadé de connaître le secret des trois cartes révélé par le spectre de la Comtesse. Mais il se tuera à son tour, sous l’emprise d’une folie dévastatrice, ayant tout perdu, la dame de pique s’étant substituée lors du tirage à l’as.

La violence d’un lyrisme exalté, la puissance dramatique des scènes, le feu ravageur des consciences qui s’y déploie font de cette Dame de pique une des partitions les plus intenses de l’opéra russe, en même temps qu’elle dessine un superbe hommage musical à Saint-Pétersbourg. Dans une mise en scène très esthétique de Gilbert Deflo, ce tourbillon des passions habite le spectacle d’un bout à l’autre, hanté par les voix ardentes de Misha Didyk, Emily Magee ou notre grand baryton français Ludovic Tézier, dans le rôle du Prince Eletsky, l’amoureux éconduit de Lisa.

Michael Boder

Direction Musicale : Michael Boder
Mise en Scène : Gilbert Deflo

Distribution

Lisa : Emily Magee
Hermann : impressionnant Misha Didyk
Tomsky / Zlatogor : Lado Ataneli
Le Prince Yeletsky : Ludovic Tézier

La comtesse : Ewa Podlés . Ce rôle de la diabolique et infortunée Comtesse est un rôle idéal pour une chanteuse qui ne peut plus……chanter. Mais dans les productions récentes, il peut être aussi attribué à une chanteuse en fin de carrière d’accord mais qui a, comme on dit, de beaux restes, et c’est le cas à n’en pas douter pour Ewa Podles, grande mezzo à la limite du contralto qui saura nous en donner la preuve !! Impatients nous sommes d’entendre murmurer la fameuse romance de Laurette dans Richard Cœur de Lion d’André Gretry : « Je crains de lui parler la nuit, j’écoute trop tout ce qu’il dit…… »

Pauline : Elena Zaremba
Chekalinsky : Francísco Vas
Chekalinsky : Francísco Vas
Tsurin : Alberto Feria
Chaplitsky : Mihail Vekua
Narumov : Kurt Gysen
La gouvernante : Stefania Toczyska
Masha : Claudia Schneider
Prilepa : Michelle Marie Cook

Représentation à 19h00 précises, ouverture des portes à 18h15

Viva L’Opéra
Réservation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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