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Toulouse en Chant majeur!

02 Mai Publié par dans CD / DVD | Commentaires

Un Doge sera Couronné à la Cathédrale St.Etienne le 9 Mai 2012

Comme il est doux d’être toulousain. Non seulement le Capitole avec son opéra, son orchestre et son chœur offrent une magnifique saison chaque année mais ce fer de lance est entouré de groupes tous au service de la même excellence musicale.

L’annonce d’un concert permet de faire un focus sur trois ensembles majeurs. Dans sa saison, l’an dernier le Capitole avait déjà  à St Etienne offert au public une audacieuse version des Vêpres de la Vierge de Monteverdi. Nombreux pensaient que le chœur du Capitole était trop lyrique, trop « gros » pour la fine dentelle monteverdienne. Le résultat avait été enthousiasmant et la délicatesse du travail vocal réalisé par Alfonso Caiani, le chef de chœur d’origine italienne, avait porté à l’excellence un travail rigoureux initié depuis son arrivée. Nul doute que cette année le concert annoncé va tenir ses promesses.

MESSE DE COURONNEMENT D’UN DOGE À VENISE

Les Sacqueboutiers de Toulouse vont à nouveau participer au concert avec la richesse de timbre et la fine musicalité que la public du monde entier leur connaît. Déjà le titre «  MESSE DE COURONEMENT D’UN DOGE À VENISE » fait rêver ! Mais ces deux « entités » musicales de rang international vont s’adjoindre deux groupes vocaux à la réputation plus modeste mais à l’excellence musicale commune. A Sei Voci et Scandicus. Ces spécialistes de la vocalité ancienne vont apporter leur savoir-faire, qui va certainement porter un son magnifique dans des a capella subtils et profonds. Nous les avons tant aimé en concert récemment. A Sei Voci avec La Kabbale de Clemencic et Scandicus en Corrèze il y a peu de temps avec les Lamentations de Festa.

Pour  retrouver ces beaux artistes deux enregistrements de l’an dernier sont disponibles et attendaient un mot de ma part.

Scandicus et A Sei Voci se sont associés pour enregistrer un programme de musique de Dominique Phinot ( 1510-1556) intitulé  Quam Pulchra es , messes et motets.

 

Le nombre de voix et l’ampleur nécessaire dans certaines pièces exigeait cet élargissement, mais surtout la complicité musicale des chanteurs de deux groupes vocaux trouvait alors matière à fusionner. Leur aisance dans cette musique a capella si exigeante fait ici merveille. Les deux groupes n’en font plus qu’ un sous la direction de Jerémie Couleau qui obtient un naturel confondant. Tout coule et enveloppe nos oreilles. Les mélismes, les volutes, les scansions homorythmiques, tout semble d’une évidence qui traverse les âges. Le style de Dominique Phinot est un savant mélange de subtil contrepoint franco-flamand, de plain chant sans ages, de faux bourdon et de timbres populaires qui traversent les différentes pièces. Le mélange est à la fois sans grumeaux et plein de contrastes en couleurs et goûts variés. Les nuances sont finement dessinées et surtout le Tactus est immuable et souple à la fois. Comme dans les rares moments solistes les voix sont belles et naturelles, notre bonheur est parfait. Ces chanteurs tiennent toute la tessiture, y compris la plus aiguë, et rendent compte avec brillance de la qualité de la technique vocale d’aujourd hui, capable de rendre irrésistible la musique ancienne du temps ou les femmes étaient interdites.

Une prise de son précise permet une écoute de détail de belle qualité mais un manque de réverbération ne rend pas la magie de cette musique faite pour rayonner. Le très intéressant texte de Jérémie Couleau permet d’apprendre bien des choses sur le projet et ce compositeur presque inconnu et qui a probablement trouvé la mort à Lyon dans les flammes de l’Inquistion !

Le dernier enregistrement des Sacqueboutiers est également une petite merveille. Un parcours entre Allemagne, Italie, Angleterre et Espagne leur permet de nous proposer un florilège de chant. Car c’est la qualité quasi magique des Sacqueboutiers que de chanter lorsqu’ils jouent. C’était implicite en temps anciens, un instrumentiste digne de ce nom devait jouer comme le fait un bon chanteur.

 

Cet enregistrement débute avec la Première Symphoniae sacrae de Heinrich Schutz (1582-1672). Le célèbre récit du Roi David, Fili Mi Absalon, requiert quatre « trombones » . La richesse du son , sa force et sa finesse à la fois, le balancement du à un tempo souple et dansant donnent le ton de tout le parcours musical proposé. Il sera question du plus beau chant possible avec force couleurs et nuances. La voix de basse de Renaud Delaigue fait merveille amplifiant par le texte la vocalité annoncée. Il reviendra  dans Attendite popule meus du Saggitarius avec le même bonheur. Les pièces s’enchainenet ensuite avec facilité passant les frontières vers l’Italie avec Giovanni Gabrieli ( 1554- 1612) la Canzon Piano et Forte permettant de découvrir la subtile texture dont sons capables les cuivres anciens, l’Espagne pour une délicate La Dama demanda de Antonio Cabezon (1510-1566). L’ Angleterre avec en particulier John Dowland (1563-1626) demande délicatesse et virtuosité aux cuivres. Le trombone moderne qui apporte tant de force dans les orchestres modernes a bien perdu cette finesse apparentée à l’art du chant le plus délicat. Cette finesse virtuose permet à une dimension chambriste de nous séduire et les échanges avec le Luth délicat de Matthias Spaeter et le clavecin veloce de Yasuko Uyama-Bouvard sont un régal de fine musicalité partagée.

Nous citerons chaque instrumentiste tant leur implication fait de ce récital un moment rare.

Michel Becquet, Daniel Lassalle, Fabrice Millischer, Jörgen Van Rijen, David Loqueneux, Wim Becu : tous sacqueboutiers, deux générations confondues.
Jean-Pierre Canihac et lluis Coll I Trulls : au cornet.
Laurent Le Chenadec à la dulciane
Pedro Estevan, l’ami de Jordi Savall, à la percussion est d’un engagement déterminant, ainsi dans la gaillarde et le King of Denmark de Dowland qui fusent.

La prise de son donne l’ampleur nécessaire à ces timbres capables de la plus grande force en sa profondeur comme de fines nuances en de virtuoses envolées.

Hubert Stoecklin

 

LIENS VERS LES CONCERTS DE SCANDICUS

Concert d’un programme de D.Phinot à Blagnac dans des conditions difficiles

Concert des Lamentations de Festa en  Corrèze

 

LIENS VERS LES CD DES SACQUEBOUTIERS

MONTEVERDI

Clair Obscur de Caravage

Kabbala de René Clemencic

 

 

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