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Sensationnelle dernière de La Clémence de Titus, en partie gâchée par quelques malotrues et malotrus. Honte à eux !

27 Mar Publié par dans Opéra | 1 commentaire

Dans le sud de la France, on emploie aussi le terme de gougnafier !!! qui, ma fois, conviendrait fort bien pour qualifier la dame qui, pas trop loin de moi hélas, a passé le temps de la repésentation à quitter et à remettre tant bien que mal ses petits escarpins. Sur le parquet, à l’orchestre, c’est idéal de discrétion. Si vous rajoutez trois ou quatre gosiers en mal d’éclaircissement, et ce, sans paravent aucun, vous comprendrez la rage, contenue car pas assez près des coupables pour manifester mon ressenti, et si proches du plateau en même temps. Est-ce que les chanteurs toussent, eux ? et les musiciens ? et les choristes, et les figurants ?! surtout quand, et nous ne parlerons ici que de la distribution (pour l’ensemble, voir l’article précédent), la prestation pour cette dernière atteint un tel niveau. Les coupables se reconnaîtront-ils ? j’en doute ! Tant pis, c’est dit, c’est écrit, ça soulage. Passons à l’essentiel.

La mise en scène se concentre toujours avec justesse sur la relation entre les personnages, en particulier entre Vitellia et Sextus dans l’acte I, et entre Sextus et Titus dans l’acte II. Mais, qui dit opéra, dit musique et chant ! d’abord donc, allons tout droit aux fondamentaux.

Plus impliquée encore, et vocalement et scéniquement, et tout en restant dans le cadre de l’opera seria, Maïte Beaumont en Sextus, exprime avec réalisme, les tourments du jeune homme , déchiré entre son amour passionné pour Vitellia et son amitié non moins forte pour Titus. Sans faiblir vocalement, Tamar Iveri a été encore plus expressive dans son côté manipulateur, et dans sa jalousie. Titus, le ténor coréen Woo-Kyung Kim, en grande forme vocale toujours, s’est attaché avec encore plus d’intelligence, à montrer combien, à la fameuse clémence de l’Empereur, se mêle une immense peine. Quant au jeune couple d’amoureux, Annius et Servilia, servis par Paula Murrihy, mezzo, et Anne-Catherine Gillet, soprano, ils ont été parfaits de timbre, de conviction, et d’implication.

Les redoutables récitatifs ont été intégrés au spectacle avec efficacité, surtout avec l’aide, au continuo, de Robert Gonnella au clavecin et Christopher Waltham au violoncelle,  David Cyrus défendant vaillamment la partition à la tête de l’effectif, format réduit, d’un orchestre, le tout ne manquant ni de caractère, ni de hauteur.

Michel Grialou

photos :  Patrice Nin

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Un commentaire

  • Hubert Stoecklin dit :

    Cher Michel, comme je comprend ta colère. Combien de fois depuis janvier me suis-je interdit de dire ce que je pensais des tousseurs, grossiers personnages qui ne comprennent pas que leur place n’est pas ici. Un tousseur se doit de rester chez lui ou d’y partir à la deuxième toux, après tout c’est une maladie contagieuse peut être… Ou de boire discrètement une pinte de sirop avant chaque acte… Mais non il y en a qui s’exhibent régulièrement et crânement !
    Je ferai dorénavant comme toi je donnerai une note de bonne conduite au public dans mes chroniques et tant pis si cela prend du temps pour changer ; car évidemment tant le tousseur, que l’ouvreur de papiers de bonbons, sans oublier les mal chaussés( et l’odeur?), et la dame qui arbore son semainier si mal accordé aux voix. Vous avez le semainier, ce bracelet chéri du vulgate, qui compte jusqu’à sept anneaux de métal…. Du savoir vivre au concert ? à l’opéra? Du respect pour les artistes? Pas toujours, hélas, pas souvent cet hiver…. mais demain???
    Hubert Stoecklin


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