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« La Main de Fer », un film de Chung Chang-Wha

16 Fév Publié par dans CD / DVD, Cinéma | Commentaires

Ecouter aussi ma chronique radio dans l’émission « Supplément week-end » du samedi 11 février 2012.

Un film produit par la Shaw Brothers, avec Lo Lieh, Wang Ping, Wang Chin-Feng. Disponible en DVD chez Wild Side Films.

Chi Hao est un jeune disciple en arts martiaux, envoyé en ville pour parfaire son art auprès d’un grand maître. Après avoir passé un an à travailler… en cuisine, il est enfin accepté en tant qu’élève. Il s’améliore très vite, mais demeure encore un peu tendre. Au coeur d’une lutte entre écoles d’arts martiaux rivales, face à des adversaires prêts à toutes les bassesses et les sévices les plus horribles, Chi Hao doit faire son apprentissage, et cela va passer par la maîtrise de la technique secrète de la « Main de Fer »…

Une fois n’est pas coutume, c’est un metteur en scène coréen qui est ici aux manettes de ce qui fut dans les années 70 un véritable triomphe dans les salles américaines, et qui contribua à lancer la vague des films d’arts martiaux hong kongais de l’âge d’or de la Shaw Brothers en Occident. Abandonnant les traditionnelles armes blanches, les combats de « La Main de fer » se font uniquement à mains nues, offrant au parcours de Chi Hao un côté plus bestial et naturel.

Je passerai sous silence les différents sévices que subissent certains personnages dans le film pour ne pas déflorer l’intrigue, mais on aura rarement ouvert la porte à autant de violence, de mutilation, et d’assassinats plus sournois les uns que les autres. Le parcours initiatique du jeune disciple, ayant plus d’affinité avec le théâtre qu’avec des grandes épopées d’aventure, par l’utilisation de décors récurrents (les salles d’entraînement des écoles rivales, l’auberge, un décor de forêt unique servant à toutes les scènes d’embuscade), revêt un air de tragédie grecque. Chaque personnage doit assumer ses propres choix, sa propre destinée, et donc la conclusion qui va avec. Des personnages se déchirent pour mieux se retrouver face à la mort, quand d’autres guerriers itinérants trouvent finalement leur place même si c’est pour trépasser.

Il est rafraîchissant et instructif de revoir aujourd’hui de tels films, car les canons de représentation de l’époque (décors peints, beaux costumes, casting féminin magnifique, sang rouge vif, effets spéciaux de type « physique » à base d’éclairages colorés) permettent de se concentrer directement sur l’essentiel : ici, pas de caméra virtuelle, ou de ralenti esthétisant, nous sommes à une époque où la brutalité des coups comporte plus d’authenticité et de matérialité.

Il est à noter que Quentin Tarantino s’est fortement inspiré de « La Main de fer »pour son « Kill Bill », jusqu’à lui emprunter son gimmick musical ponctuant chaque utilisation de la fameuse technique secrète de la main de fer. Cette production permet à tout amateur de ce genre qui la revoit aujourd’hui de se plonger dans cette époque bénie des productions de la Shaw Brothers. Pour les autres, essayez au moins, si le charme kitsch vous rebute, vous n’aurez pas passé un moment désagréable.

Dernier détail : le 15 mars, ressort la collection des Essentiels de la Shaw Brothers édités par Wild Side dans des coffrets DVD 2 ou 3 titres, restaurés en haute définition et accompagnés de compléments exclusifs. L’éditeur ressort également en blue ray, deux trilogies majeures : « La 36ème chambre de Shaolin » et la trilogie du « Sabreur manchot ». Voilà l’occasion d’investir !

Et du 8 au 27 février, la Cinémathèque de Paris rend hommage au réalisateur hong kongais King Hu, à travers une poignée de films (avec entre autres, « A touche of a zen » et « L’hirondelle d’or »).

Cadeau : une bande annonce de « La Main de fer » délicieusement kitsch, de la période René Château

Thomas Berthelon :  http://thomasberthelon.com

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