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« Let my people go ! » un film de Mikael Buch

02 Jan Publié par dans Cinéma | Commentaires

Ludique et … sans complexe

Le titre de ce film fait clairement référence aux appels en vain de Moïse demandant à Pharaon de libérer  les Hébreux et de les laisser partir d’Egypte. De comédies musicales en grands noms du jazz, cet appel a été mainte fois repris. Ce jeune réalisateur marseillais, à l’aube de ses trente ans, en a fait le titre de son premier long, cosignant le scénario avec rien moins que Christophe Honoré ! De père argentin et de mère marocaine, Mikael Buch vit à Taïwan, Barcelone, Nantes puis finalement s’installe à Paris. Déjà tout un programme…  Celui qui se passe en boucle, dans son très jeune âge, « Blanche Neige et les Sept Nains », fixe le début de son film en Finlande, dans un décor incroyable de naïveté, dans des couleurs inspirées de la pellicule Super 8, plutôt flashies. C’est là que s’est exilé Ruben, fils d’une famille juive française dont il ne supporte plus l’ambiance et les rites. Qu’il soit gay et vive là  le parfait amour avec Teemu (très convaincant Jarkko Niemi) n’est pas du tout le problème. D’ailleurs  c’est l’une des qualités de ce film que d’éviter le énième pensum sur l’homophobie ou quelque chose dans ce genre. Ici la sexualité est naturelle, ludique et formidablement décomplexée. Le problème est dans ce coli recommandé que Ruben (qui est facteur) livre à son destinataire et que ce dernier ne veut pas accepter, avant de faire un malaise qui le laisse pour mort aux yeux de Ruben. En fait, le coli en question contient à peu près 200 000€ en billets. Sans trop savoir ce qu’il fait, Ruben va prendre le coli et revenir chez lui, tout affolé déjà de son geste. Aux yeux de Teemu, il passe pour un assassin et se fait virer du petit nid d’amour lestement. Il regagne le cœur gros sa famille parisienne au moment de la Pâque. Une famille très pratiquante mais un peu compliquée. Et ce pauvre Ruben, fragile par construction, se retrouve le réceptacle d’une incroyable tempête familiale. Tout finira bien car nous sommes dans une comédie, mais entre-temps Nicolas Maury aura eu l’occasion de nous tracer le portrait formidablement attachant et vrai d’un Ruben qui se bat avec tout ce qu’il peut pour tenter d’exister et de donner un sens à sa vie. A ses côtés, dans cette pellicule que ne désavouerait pas Almodóvar, du beau monde :   Carmen Maura, Jean-François Stevenin, Clément Sibony, Jean-Luc Bideau, Amira Casar. Une fantaisie qui n’est pas parfaite (techniquement) mais qui passe tout de même bien. Un talent à suivre !

Robert Pénavayre

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