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«A dangerous method», un film de David Cronenberg

22 Déc Publié par dans Cinéma | Commentaires

Passionnant et…convenu

Les débuts de la psychanalyse moderne comme si vous y étiez ! Le réalisateur canadien des somptueux A History of violence (2005) et Les Promesses de l’ombre (2007) aborde ici, et de manière pour le moins téméraire, le sujet de la psychanalyse au travers de la rencontre entre deux monstres de cette science encore aujourd’hui passablement obscure : Sigmund Freud (1856-1939) et Carl Jung (1875-1961). Entre ces deux hommes, Sabina Spielrein (1885-1942),  qui deviendra la première femme psychanalyste de l’Histoire. Pour l’heure, elle est hystérique et, à ce titre, soignée par Jung qui, à son grand désarroi, en ferra sa maîtresse, bousculant ainsi les bases mêmes de sa thérapie. Des discussions vertigineuses sur l’importance première du mystique ou  du sexe dans nos dérèglements psychiques  à la déchirure entre les deux savants, le film avance à pas lents et feutrés, ne pouvant ostensiblement qu’effleurer les concepts développés. Feutrés au point de ne pas retrouver la pâte Cronenberg, ici filmant dans une somptueuse reconstitution la seule apparence froide de ces deux bourgeois en train de révolutionner la médecine traditionnelle. Heureusement, un autre personnage historique fait une brève mais fulgurante apparition : Otto Gross (1877-1920), l’un des théoriciens fondateurs de la libération sexuelle. Très clairement ses interventions paraissent en dehors du film tellement elles sont violentes, vraies, directes. C’est Vincent Cassel qui l’incarne, avec une animalité effrayante de sens et d’acuité. Si les autres comédiens sont tous remarquables : Keira  Knightley (Sabina), Viggo Mortensen (Freud) et Michael Fassbender (Jung), ils n’en demeurent pas moins prisonniers d’un dialogue et d’une direction d’acteurs qui anesthésient toute émotion. Pouvait-il en être autrement ?

Robert Pénavayre

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