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Cinespaña – Les Films

03 Oct Publié par dans Cinéma | Commentaires

LA COMPÉTITION LONGS MÉTRAGES

« LA MITAD DE OSCAR » (LA MOITIÉ D’OSCAR), un film de Manuel Martín Cuenca, avec Verónica Echegui, Rodrigo Sáenz de Heredia et Dennis Eyriey.

Dans une saline abandonnée près d’Almería, au milieu d’un décor de pyramide de sel et de grue abandonnée Oscar  jeune homme solitaire, taciturne et peu enclin à parler est agent de sécurité, gardant on ne sait quoi. Un employé à la retraite lui amène chaque jour son repas. Le soir, Oscar rend visite à la maison de retraite à son grand père, son  seul parent. Lorsque l’état de celui-ci se détériore, il est conduit à l’hôpital. Le personnel prévient la sœur d’Oscar, qui a rompu les liens depuis plus de deux ans. Lorsque le frère et la sœur se retrouvent au chevet du vieil homme la tension devient palpable à travers les regards, les gestes interrompus. Le fiancé français de María, qui n’entend pas un mot d’espagnol est là en spectateur. Peu à peu nous découvrons le secret qui lie les deux personnages, un secret auquel María a enfin réussi à échapper, mais qui mine Óscar l’enferme dans sa solitude et dans le fol espoir de revivre un passé incestueux, loin de tout.

La mise ne scène de Manuel Martín Cuenca, nous mène peu à peu vers le dénouement, à travers une utilisation des paysages, reflets des émotions des personnages qui semblent totalement lisses : la mer, immense, à l’incessant reflux ; les paysages de roches l’héroïne se tord les pieds ; et enfin la plage où les deux héros se rejoignent les pas de l’un s’inscrivant dans le sable dans les pas de l’autre pour un moment suspendu où tout est encore possible, jusqu’à l’arrivée de l’autre, l’étranger, le substitut du spectateur, qui ne comprenant pas les mots essaie de comprendre les regards. Un rythme très lent, sous-tendu par des plans fixes qui s’étirent à l’envie, renforce ce sentiment de solitude, de vacuité, d’attente du protagoniste qui a perdu la moitié de lui-même. Sentiment encore renforcée par la mort du grand père qui fait disparaître la seule « obligation » d’Oscar. Cette image de vieillard est d’autant plus saisissante qu’il ne s’agit pas ici d’un acteur mais d’un personnage réel. La violence révélée à la fin du film (l’assassinat du chauffeur de taxi, qui a exaspéré le héros par son bavardage futile, véritable rupture de rythme dans toute cette lenteur) quand María choisit de partir, laisse présager que l’attente d’Oscar (hallucinant Rodrigo Sáenz de Heredia), et donc ce qui fait sa vie, va se terminer. Ce film extrêmement construit ne se dévoile que peu à peu, entraînant le spectateur de façon lente mais obstinée à adhérer au dessein du metteur en scène.

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LA COMPÉTITION 1er FILMS

BRUTAL BOX un film écrit, réalisé et interprété par Óscar Rojo, avec Mario de la Rosa et Raf Roja-Diez ;

Carlos Martín, commercial chef de vente, se retrouve au chômage à quarante ans. Afin de retrouver rapidement du travail, il ouvre un blog sur internet et propose sa candidature à travers sa webcam. Désespéré par le manque de réponse à ses demandes pressantes d’embauche, il décide de s’amputer d’un doigt en direct. La présence d’internautes monte en flèche à ce moment-là, mais ce n’est pas suffisant et il s’ampute d’un second doigt. C’est le succès immédiat et Carlos comprend que grâce à des vidéos particulièrement violentes, à condition que cette violence soit gratuite, où celles d’actes sexuels filmés dans des endroits improbables peut rapporter beaucoup d’argent. La secrétaire d’un multinationale gérant des sites internet, découvre « Brutal Box » et son patron, loin d’être choqué par le contenu de ce site, n’y voit qu’une opportunité d’amasser des millions d’euros en rachetant cette société, poussé dans cette voie par sa patronne américaine très business-woman glamour. Les scènes violentes se succèdent devant un Carlos Martin devenu un homme d’affaires en apparence dur et sans concessions. Lorsqu’enfin les requins de la finance, mis en appétit, et persuadés de leur suprématie dans la rouerie, arrivent à leur fin, le film bascule dans la vieille histoire de l’arroseur arrosé, ou de l’arnaqueur arnaqué ! Et si tout au long du film on assiste stupéfaits à ce déferlement de brutalité ou de racolage à la petite semaine, les cinq dernières minutes sont un vrai régal, car toutes ces vidéos étaient des faux, tournées entre amis, pour justement pouvoir flouer ces fameux requins. Alors bien sûr il reste beaucoup d’amoralité dans cette morale, mais on rit de bon cœur devant la mine dépitée des » affairistes ». Et lorsqu’on voit réapparaître la secrétaire « trouve-site-juteux, on comprend qu’il reste encore beaucoup à faire dans l’arnaque !! Et la vague crispation qui nous avait saisis face à certaines scènes disparaît dans ce grand éclat de rire.

Premier film d’Óscar Rojo, créateur publicitaire, est un film à petit budget certes, mais qui fait mouche. Les acteurs ont le ton tout à fait juste, jouant en permanence sur le fil qui sépare la crédibilité du ridicule. Le truchement de la webcam donne la distance nécessaire dans les scènes violentes pour ne pas y croire tout à fait. Un premier coup d’essai qui est fort prometteur et gageons que nous retrouverons le nom d’Óscar Rojo rapidement sur les écrans.

Tous les renseignements sur Culture 31 et www.cinespagnol.com

Annie RODRIGUEZ

 

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