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« Les hommes libres », un film d’Ismaël Ferroukhi

29 Sep Publié par dans Cinéma

Un itinéraire glorieux

Younes, un jeune maghrébin à peine sorti de l’adolescence, se retrouve dans le Paris de l’Occupation. Là, pour venir en aide à ses parents restés au pays, il fait du marché noir et leur envoie régulièrement des mandats. Jusqu’au jour fatal où la Police de Vichy lui tombe dessus. Le contrat est clair. Soit il est coffré, soit il travaille pour eux en espionnant tout ce qui se passe à la Grande Mosquée parisienne, en contrepartie la Police ferme les yeux sur ses activités. Younes dit oui à ce chantage bien à l’image des autorités françaises de l’époque. Rapidement il va s’apercevoir de l’horreur, de la brutalité et des conséquences de son geste. Petit à petit, Younes va devenir un homme, un homme libre qui va rejoindre les réseaux de résistants maghrébins qui luttèrent aux côtés des réseaux français contre l’occupant nazi. C’est ce cheminement que nous montre le réalisateur marocain pour son second long métrage. Outre Younes, incarné par un Tahar Rahim décidément totalement magnétique, Ismaël Ferroukhi expose à l’écran un autre comédien maghrébin particulièrement convaincant : Mahmud Shalaby. Ce dernier incarne le célèbre chanteur Salim Hallali (1920-2005). D’origine juive, il fut sauvé dans des conditions assez étonnantes par le Fondateur de la Grande Mosquée : Si Kaddour Benghabrit (1868-1954). Dans cette séquence, les faits et les personnages sont absolument historiques et donnent une particulière résonance à ce film dont le récit remet en lumière le courage de ces hommes qui, colonisés par la France, se battaient pour elle en terre occupée. De tout le poids de son talent, Michael Lonsdale incarne le personnage complexe de SI Kaddour Benghrabit, haut fonctionnaire qui fréquentait les salons parisiens les plus fermés, recevait les officiers nazis  mais procurait également de fausses attestions d’identité musulmane aux juifs persécutés. Un beau film, illuminé par ses interprètes.

Robert Pénavayre

 

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