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« R I F », un film de Franck Mancuso

11 Sep Publié par dans Cinéma

Un polar trop écrit mais efficace

Scénariste du magnifique « 36 Quai des orfèvres » d’Olivier Marchal (2004) ainsi que de séries tv comme « Commissaire Moulin » ou encore « Adresse inconnue », réalisateur d’un premier long en 2007 (Contre –enquête), Franck Mancuso nous parle d’un monde qu’il connaît parfaitement, celui de la Police. Et ce n’est rien de dire qu’il sait de quoi il parle. En effet, Franck Mancuso a travaillé dans « la boutique » pendant 20 ans, passant du Quai des Orfèvres à la Brigade des Stups, via l’Office national de répression du banditisme ! Autant dire que les faits, les gestes, les paroles, les attitudes, les relations entre flics et gendarmes, tout dans ses films est frappé du sceau de l’authenticité. Pour preuve son dernier long qui aborde un sujet particulièrement troublant : la disparition de personnes majeures. Il y en a des milliers en France chaque année dont très peu sont retrouvées.  Recherches dans l’Intérêt des Familles (RIF) est donc le froid document administratif à remplir et signer dans ce cas-là. Pour corser son scénario, Franck Mancuso imagine une disparition, mais pas n’importe laquelle, celle de la femme d’un flic. Il ouvre ainsi son film à une double lecture. D’une part, l’enquête, avec les rebondissements que cela suggère, de fausses pistes en poursuites effrénées en passant par  des recherches informatiques assez sidérantes. D’autre part, l’affrontement entre deux mondes, celui de la police et celui de la gendarmerie. D’un côté l’efficacité un peu expéditive, de l’autre l’application stricte des textes. Bon, d’accord, c’est un peu caricatural et c’est aussi l’un des points faibles d’un film qui, par ailleurs trace le portrait d’un homme, le flic qui a perdu sa femme, complètement aux abois et prêt à tout pour la retrouver, y compris passer dans l’illégalité afin d’être plus efficace. C’est Yvan Attal qui incarne avec réussite cet homme désespéré. C’est son premier rôle de flic à l’écran et il est franchement convaincant. Face à lui, cet acteur que l’on aime bien, Pascal Elbé, ici le capitaine de gendarmerie, semble un rien contraint par un rôle qui bride son habituelle qualité de jeu. Cela dit, et sans être le polar du siècle car beaucoup trop écrit, linéaire, donnant des indices monstrueux, ce film se laisse voir car, habilement monté, il crée un rythme formidablement soutenu qui convient parfaitement à ce genre d’exercice.

Robert Pénavayre

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