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« La piel que habito », un film de Pedro Almodovar

01 Sep Publié par dans Cinéma

Thriller romanesque

On attend toujours avec impatience la dernière réalisation du trublion cinéaste de la Movida espagnole. Il est vrai qu’il a à son actif quelques pellicules décapantes qui ont fait sensiblement bouger le cinéma ibérique : « Matador », « Attache-moi ! », « Parle avec elle », pour ne citer que celles-là parmi tant d’autres. Cette fois, Almodovar se lance dans un thriller qui flirte sérieusement avec le fantastique, faisant ouvertement des œillades énormes à Franju, Buñuel et Hitchcock. Personnage central de ce drame, Robert est un chirurgien esthétique. Sa femme a été brûlée dans un accident et, ne pouvant supporter son visage ravagé, s’est suicidée. Depuis, Robert (fantastique Antonio Banderas) tente, dans sa clinique privée, des expériences de transgénèse concernant la peau. Mais pour cela il lui faut un cobaye. C’est Vera (fascinante Elena Anaya) qui se prête, par force, car elle est séquestrée, à ce jeu dangereux, sous la surveillance attentive de la mystérieuse Marilia (bouleversante Marisa Paredes) et d’une multitude de vidéos. Monté sous forme de retours en arrière narratifs, le film nous entraîne dans les arcanes d’une histoire follement romanesque dans laquelle la fille de Robert est devenue folle suite à un viol. Lequel violeur (Jan Cornet, particulièrement troublant)  a, depuis, disparu… Assumant une théâtralité incroyable parfois de naïveté, Almodovar nous livre ici une réalisation somptueuse esthétiquement, dans laquelle il aborde sans ménagement le thème de l’identité, mettant nos nerfs à vif plus d’une fois, pour finalement nous laisser encore et toujours  ébahi par sa maîtrise du genre. La scène finale est de l’Almodovar pur jus, totalement jubilatoire. A voir absolument !

Robert Pénavayre

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