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« Animal Kingdom », un film de David Michôd

15 Mai Publié par dans Cinéma

Tragique fratrie

Le premier opus de ce jeune réalisateur australien est indiscutablement un coup de maître, d’ailleurs largement couvert de prix dans le monde entier. Refusant tout folklore propre au film de gangsters, David Michôd nous entraîne dans le Melbourne des années 80. Ce lieu n’est pas un hasard. Non seulement cette ville entretient avec les criminels qui la hantent une relation très particulière proche de la fascination, mais elle offre également au réalisateur un cadre angoissant convenant à merveille à cette tragédie familiale aux accents antiques. La première scène est glaciale. Devant un poste de tv, un jeune homme, Josh, et sa mère sont littéralement vautrés sur un canapé. Si le jeune se passionne pour une émission d’une incommensurable niaiserie, sa mère pendant ce temps se fait son dernier shoot. Lorsque le médecin arrive, il est trop tard. Josh, 17 ans,  se retrouve seul dans la vie. Il ne lui reste plus qu’à rejoindre sa grand-mère et ses oncles. Ils vivent tous ensemble et pratiquent un métier particulier, ils sont gangsters. Comment Josh va-t-il trouver sa place dans ce milieu de requins dont le moins pire n’est pas celle à qui l’on pense… ? L’une des forces de ce scénario est de nous montrer des gens ordinaires devenus de dangereux psychopathes, tuant sans sourciller. Comment cette meute va-t-elle accueillir Josh ? Que va devenir ce tout jeune homme entouré d’une telle horreur permanente ? La peur ne quitte pas l’image une seconde. Les éclats sont aussi violents qu’inattendus et le final est aussi implacable que fatal. Un grand film qu’il serait dommage de négliger pour des prétextes cannois, servi par des comédiens épatants dont le jeune James Frecheville, Josh sidérant de mutisme et de peur contenues. Sans oublier l’hallucinante grand-mère de Jacki Weaver. Un son magnifique d’intensité et de netteté, une image au grain d’une précision peu courante aujourd’hui figurent au rang des atouts d’un film à ne manquer sous aucun prétexte.

Robert Pénavayre

 

 

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