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« L’aigle de la neuvième légion », un film de Kevin Macdonald

05 Mai Publié par dans Cinéma

Au nom de l’honneur

C’est ce que l’on appelle un péplum revisité. Ce réalisateur nous amène à des années-lumière de Ben Hur. Et pourtant nous sommes bien au milieu de cet empire romain qui, 140 ans après JC, étend son domaine jusqu’en Grande Bretagne. Sauf que dans cette île, les Romains doivent affronter les tribus primitives qui la peuplent au Nord, tribus tellement dangereuses que l’empereur Hadrien (76-138 ap JC) décide de construire un mur séparant son empire de ces terres nordiques (Ecosse actuelle), non seulement hostiles, mais en plus sans grande valeur. Ce sera le Mur d’Hadrien, dont il reste encore quelques ruines. L’Histoire nous apprend également qu’en 120  de notre ère, la Neuvième légion, forte de 5000 hommes, qui campait sur l’emplacement actuel de la ville d’York, au nord de l’Angleterre, s’est littéralement volatilisée. Les historiens sont divisés sur le sort de ces malheureux. La romancière Rosemary Sutcliff (1920-1992) s’est appuyée sur cet évènement pour en faire un roman historique (The Eagle of the Ninth) publié en 1954 et aujourd’hui dépassant le million d’exemplaires vendus ! Le film de Kevin Macdonald en est une libre adaptation. Délaissant volontairement tout effet numérique, ce qui nous vaut des scènes de combat totalement hallucinantes de réalisme, le réalisateur  se concentre sur deux personnages. Marcus est le fils du Commandant de cette fameuse légion disparue en même temps que l’Aigle d’or impérial qui lui servait d’étendard. La honte est donc sur sa famille. Venant d’être promu Centurion, Marcus demande à être nommé dans les marches anglaises de l’empire romain. Au cours d’un combat de gladiateurs, Marcus demande la grâce d’Esca, un jeune celte refusant avec courage de se battre dans l’arène. Il va en faire son esclave et c’est avec lui qu’il franchira le Mur à la recherche de l’Aigle. Ce péplum finalement intimiste va voir les liens entre les deux hommes totalement s’inverser. Si ce n’est un dernier plan manquant singulièrement d’ambition, ce film se laisse voir avec plaisir, d’autant que le sculptural Channing Tatum (Marcus) donne une réplique parfaite à Jamie Bell, la star de Billy Elliot, ici Esca plus que convaincant.

Robert Pénavayre

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