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« Coup d’éclat », un film de José Alcala

03 Mai Publié par dans Cinéma

Pétri de bonnes idées, mais…

Voilà typiquement ce que l’on appelle un film qui ne décolle jamais. Et c’est dommage  car il est pétri de bonnes idées. Dont la moindre n’est pas de mettre au centre de l’action ceux que notre société et l’Etat qui la gouverne rejettent avec de plus en plus de véhémence : les sans-papiers. José Alcala plante son décor à Sète, ville portuaire et donc ville de transit pour des immigrés plus ou moins clandestins. Ce n’est rien de dire que la police y déploie une activité fébrile. Fabienne, capitaine de son état dans un commissariat de quartier, passe son temps à interpeller pour ensuite entamer les démarches de reconduite à la frontière. C’est un sale boulot, elle le sait, mais il faut bien que quelqu’un le fasse. Sauf qu’un jour, Fabienne va craquer. Son adjoint lui amène Olga, une jeune femme de l’Est et, lors de l’interrogatoire, Fabienne comprend qu’elle cache un gamin de 5 ans dans une caravane. Le garçonnet en question, son fils,  est donc aujourd’hui seul dans la nature. En pleine nuit et pour s’assurer de ses dires, Fabienne va accompagner Olga dans une zone totalement sinistrée où, bien sûr, cette dernière va lui fausser compagnie. C’est le début pour Fabienne d’une remise en cause profonde de son métier, mais aussi de sa vie. Entre polar et critique sociale, le film navigue dans des univers dont la lumière est exclue. Il y a ces pauvres aspirants à une vie meilleure, il y a également Fabienne, seule dans sa vie, accompagnant du mieux qu’elle peut une mère mourante, sans oublier ces ouvriers qui démontent, pour cause de délocalisation, l’usine dans laquelle ils ont passé trente années de dur labeur. Avec José Alcala, noir, c’est noir. Et puis, il y a Catherine Frot, Fabienne tendue jusqu’à la fracture inévitable. Cette admirable comédienne est-elle idéale pour un rôle aussi dur ? Rien n’est moins sûr. On peine à entrer dans son jeu formaté, dans son débit verbal limité en intonations et en intentions. Et l’on finit par se demander comment une femme au grand cœur comme elle peut se retrouver dans un service pareil. Et à un tel grade de responsabilité. Résultat, on décroche du personnage. Une réaction fatale pour ce film.

Robert Pénavayre

 

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