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Pado the first, Léo the last

25 Mar Publié par dans Jazz | Commentaires

Au TNT dans l’espace convivial du bar, véritable lieu de vie souvent hélas orphelin de musique, s’est déroulé un concert où les yeux des anges ont du avoir des larmes de rosée, et aussi un sourire certain les consolant de leur état ambigu, face à cette pluie de plumes faites notes.

La rencontre entre Jean-Marc Padovani, maintenant toulousain hors des Jardins d’Assier, et Philippe Léogé, le directeur artistique de Jazz sur son 31, notre seule source encore existante quasiment pour nous abreuver, nous les assoiffés du jazz, avait donné déjà un concert historique au festival de Marciac l’été dernier, d’ailleurs le 12 août ils vont remettre le couvert dans le même décor.
Une autre rencontre dans le cadre de « heure avec » du dernier festival Jazz sur son 31, avait scellé leur union, leur fusion.

Un « simple » duo piano, saxophone ténor ou soprano et le ciel des mélodies s’entrouvrent.

Á partir le plus souvent de compositions personnelles, excepté un standard si bien nommé « Angel Eyes », un thème de Keith Jarrett, et un clin d’œil à ce farceur de Satie, les deux complices, unis dans la même respiration intérieure, le même souffle poétique, déroulent des rubans aériens de notes, de sensations lyriques. Parfois volubiles et chants croisés d’oiseaux, souvent méditatifs et mots doux échangés, la musique creuse ses sillons.

Ce qui émeut le plus c’est la qualité d’écoute de chacun à l’univers de l’autre, comment s’enroulent et se mêlent des rêves mis en commun.

Le toucher profond et doux, presque debussyste de Léogé, le son charnel et à la fois immatériel de Padovani font planer des moments d’émotion. Mais jamais le swing ne défaille. Ainsi un morceau magnifique comme « La vespre de la noçà », à partir d’un chant de mariage occitan, nous entraîne entre nostalgie et joie vers un passé transfiguré où le piétinement des sabots se mêle aux larmes de la mariée.

L’acoustique du bar du TNT était merveilleusement adaptée à ces songes éveillés. Dans une intimité où les musiciens semblaient ne jouer que pour nous seuls, nous avions eu la confirmation éclatante qu’un grand duo de jazz allait dorénavant éclairer bien des concerts à venir.

En attendant un cd est disponible, évidemment nommé « Angel Eyes » est disponible et prolonge l’enchantement.

Et les anges soupirent !

Gil Pressnitzer

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