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« Les femmes du 6ème étage », un film de Philippe LeGuay

27 Fév Publié par dans Cinéma

Une comédie follement réjouissante

Avec le dernier opus de Philippe LeGuay, vous tenez une occasion en or, rare, de sourire et même parfois de rire carrément sans que pour cela le réalisateur ou ses comédiens soient venus vous chercher à des endroits obscurs de votre personnalité. Traduction : la finesse, l’élégance, l’ellipse, c’est-à-dire l’exact contraire du comique le plus répandu d’aujourd’hui,  vous le rencontrerez dans ce film absolument délicieux, cette comédie sociale presque d’un autre temps où la sensibilité et l’émotion prennent le pas sur une grivoiserie pour le moins agressive.

Parsi, années 60. Jean-Louis Joubert est agent de change. Il vit avec son épouse Suzanne et leurs deux garçons, dans un appartement que l’on imagine situé dans un beau quartier de la capitale. Au 6ème étage de leur immeuble, se trouve ce  trésor recherché aujourd’hui frénétiquement par les agents immobiliers, ces fameuses chambres de bonne. Pour l’heure,  c’est là que vivent les femmes de ménage des occupants du dit immeuble, dont Maria, la (ravissante)  bonne des Joubert. Toutes espagnoles, elles ont importé une joie de vivre et un esprit festif en même temps que beaucoup de solidarité dans ce lieu inconnu des patrons. Sauf qu’à la suite d’un problème familial, Jean-Louis s’expatrie momentanément dans l’une des chambres demeurée libre. Et là, c’est un double coup de foudre pour ce cinquantenaire qui ne supporte que de moins en moins l’attitude exaspérante de sa femme, éreintée en permanence par un emploi du temps de folie (bridge, thé, esthéticienne, etc.). Premier coup de foudre, Maria. A vrai dire, quelques séquences auparavant, un ou deux regards appuyés ne laissaient que peu de doute sur l’attirance du patron pour la belle ibérique. Deuxième coup de foudre, cette smala joyeuse en diable, ne pensant qu’à faire la fête, boire et danser. Une découverte pour ce boursicoteur un rien coincé. Son statut va lui permettre d’améliorer l’ordinaire de toutes ces femmes. Et puis, et puis… ce qui devait arriver  transforme cette comédie en une belle parabole sur la tolérance, l’accueil de l’autre, l’acceptation de sa propre personnalité, le refus du conformisme, la lutte des classes aussi, même si ce dernier thème est gentiment abordé. Si Fabrice Luchini campe un Jean-Louis lunaire à souhait et Sandrine Kiberlain (Suzanne) une bourgeoise horripilante, le pompon revient à cette poignée de soubrettes aussi latines qu’énergiques et terriblement optimistes. Comment ne pas citer parmi elles,  la ravissante Natalia Verbeke (Maria), actrice espagnole originaire d’Argentine, dont le charme fera craquer (on le comprend) ce pauvre Jean-Louis, et l’immense Carmen Maura, Concepción d’une profonde authenticité, au charisme ravageur.

En résumé, beaucoup plus qu’une fable sur l’immigration espagnole, presque un conte de fée moralisateur qui ne se prend pas au sérieux. Rafraîchissant !

Robert Pénavayre

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