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« Largo Winch 2 » un film de Jérôme Salle

20 Fév Publié par dans Cinéma

Vive les seconds couteaux

Sorti fin 2008, le premier opus de la saga « Largo Winch » vue par le 7ème art nous avait laissé dubitatif, même s’il n’était pas question de bouder son plaisir car la recherche éperdue de son identité par l’héritier de l’empire Winch donnait lieu à de belles séquences. Pour ce numéro 2, Jérôme Salle et son scénariste ont imaginé quasi intégralement une intrigue, ne conservant de la BD d’origine que les profils des personnages. Pour faire court, voici donc Largo accusé de meurtre contre l’Humanité au moment même où il décide de vendre son groupe et de consacrer à une fondation  les quelques 50 milliards de dollars que cela lui rapportera. Il va se retrouver face à un Procureur à la Cour Pénale Internationale (ineffable et totalement ridicule Sharon Stone) et à son acheteur, un mafieux russe du meilleur cru. Sans oublier le méchant général birman qui aurait bénéficié des largesses du père Winch. De fait, Largo a bien séjourné en Birmanie, mais comme touriste « éco-durable », s’invitant dans un village et plantant lui-même le riz avec les indigènes, profitant au passage des charmes de ce pays et devenant (il l’apprendra plus tard) papa d’un ravissant petit Noom. On en redemande ! De poursuites en cascades, dont une somptueuse bagarre en chute libre (assurée par Tomer Sisley himself. Chapeau !), l’action enchaîne les scènes plus ou moins violentes mais dans une accumulation qui ne donne jamais corps à l’histoire. Tomer Sisley (Largo) en héros taiseux se contente de faire valoir son regard et son sourire, et ce n’est clairement pas suffisant. Deux seconds couteaux font passer un brin de vie et d’humour dans ce film : Nicolas Vaude, en porte-valise pincé totalement jubilatoire et Olivier Barthélémy en aventurier aux petits pieds. Soulignons également l’apparition de l’immense acteur de théâtre Laurent Terzieff qui devait disparaître quelques semaines après la fin du tournage. Avec ces trois comédiens, des personnages s’animent et leurs scènes deviennent du vrai cinéma. Pour le reste…

Robert Pénavayre

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