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« Les Chemins de la liberté », un film de Peter Weir

17 Fév Publié par dans Cinéma

La liberté à tout prix

Ils sont russes, polonais, américains, enfermés comme beaucoup d’autres dans ces trop célèbres goulags autant staliniens que sibériens. Leur espérance de vie, dans une région qui ne connaît que six mois de canicule et six mois d’un hiver parmi les plus froids de la planète, est d’environ une année.  Quant à s’évader, s’ils échappent aux chiens de guerre et  aux soldats russes, le climat inhumain de cette région de plusieurs millions de kilomètres carrés se charge de les en dissuader. Pourtant, dans son livre « A marche forcée » publié en 1956, Slavomir Rawicz, lui-même incarcéré un temps dans un goulag, raconte l’histoire d’une poignée de prisonniers qui, lors d’une tempête de neige, réussit à se faire la belle. Rejoignant la Mongolie, passée sous emprise russe, ils sont obligés de poursuivre, via le désert de Gobi et l’Himalaya, jusqu’en Chine puis en Inde. Soit près de 10 000 km, à pied et dans des conditions extrêmes. La base du récit est, nous dit-on, authentique. Le film, quant à lui, se pare largement  des attraits du roman. Pourquoi pas ? Le résultat est un périple dantesque, dans des décors naturels de toute beauté, même si la réalité et les problèmes de droit ont amené Peter Weir à planter ses caméras plus prosaïquement en Bulgarie, au Maroc et en  Inde. Ce que filme ce réalisateur est en fait le long et douloureux cheminement d’un groupe d’individus que le destin va amener à vivre une expérience ultime, celle de la survie. Quelle force les propulse toujours en avant, parfois jusqu’à l’épuisement final ? La soif de liberté ? L’amour d’un être cher ? L’envie de vivre tout simplement ? La haine d’un système totalitaire et sanguinaire ? Le goût de la lutte ? Romancée ou pas, l’histoire narrée dans ce best-seller est celle d’une fantastique odyssée, l’odyssée d’êtres humains s’opposant de facto à la barbarie communiste. De grands acteurs ont tenu à participer à l’aventure d’un tournage difficile et douloureux. Il en est ainsi de Colin Farrell qui, dans un rôle somme toute secondaire (!), est parfait en mafieux russe refusant de quitter les frontières de son pays, d’Ed Harris, du jeune Jim Sturgess, de Gustaf Skarsgard, etc.

Au total un film qui, sans être une réussite absolue par manque de proximité avec les personnages, n’en fait pas moins passer le souffle puissant d’une épopée humaine hors du commun.

Robert Pénavayre

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